
Avec toutes nos excuses, nous n’avons jamais pu chroniquer le précédent album de Herman Düne que fut Notes From Vinegar Hill il y a cinq années de cela maintenant. Toujours est-il que nous suivons avec beaucoup d’attention les aventures du projet musical parisien le plus en vogue depuis plus de 25 ans maintenant. À l’approche de la saison estivale, l’heure est venue pour eux de revenir avec leur nouveau disque nommé Odysseús.
Il suffit de fermer les yeux et de se laisser guider par ce nouveau voyage musical composé de douze titres audacieux et enivrants. Herman Düne, où l’on retrouve David Ivar seul aux commandes, raconte ses périples en solitaire au Canada après un voyage forcé dans toute l’Europe. S’ouvrant sur une introduction presque orchestrale du nom de « La Brume », on est facilement dépaysé avec les magnifiques compositions folk finement arrangées telles que le morceau-titre pastoral qui suit mais également « Tune Out » et le bluesy « Sneakers On The Téléphone Line » dont le riff doit vous rappeler un certain « Loser » de Beck.
Ce n’est donc pas un hasard si l’on croise des ambiances Americana lors des titres épurés et dépaysants comme « Into The Darkness Indeed » et « 369 (The Sun Gon’ Shine) ». Ce périple n’est rien sans les interventions extérieures, à savoir Mayon sur l’élégant « Buffoon Of Love » légèrement velvetien mais également Odessa le temps d’un « Head Agains The Wall » des plus ardents. Une fois de plus, Herman Düne possède cette affinité pour les mélodies luxueuses et enchanteresses à la fin avec « Moonlight on Gaffey Street » et les cordes enjoués de « Viduy וִדּוּי (Confession) ».
Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce Odysseús un magnifique retour aux sources où Herman Düne marche sur les pas de Townes van Zendt mais également de Johnny Cash et de Leonard Cohen tout au long et s’éloigne radicalement des influences anti-folk des débuts. À la fois déchirant et sincère, le nouvel album du combo parisien saura fournir énormément d’émotions en moins de 40 minutes.
Note: 7.5/10
