Geagea – Emotional Overload

On peut dire que Géraldine Baux a vécu plusieurs vies. On l’a connu en tant que membre de The Dodoz pendant plusieurs années avant de devenir frontwoman du groupe (malheureusement) éphémère Las Aves. Suite à cela, la musicienne qui s’est rebaptisée Geagea continue de se renouveler en collaborant avec la nouvelle scène actuelle (Yoa, Vera Daisies…) tout en connaissant une ascension dantesque qui se concrétise avec une réputation scénique remarquable (Rock en Seine, Inrocks Super Club…). À l’approche de la saison estivale, elle présente enfin son premier EP nommé Emotional Overload.

À travers ces neuf nouveaux titres, Geagea se réinvente avec beaucoup d’élégance. Lors de l’écoute du morceau d’ouverture nommé « I Fear Nothing » allant crescendo de façon élégante aux instrumentations de plus en plus puissantes, elle puise son inspiration auprès de l’ère MTV des années 1990 et de l’esthétique Y2K pour un résultat hors du commun. Le résultat fait mouche sur les riffs acérés de l’addictif « Pretty Generic » qui est une parfaite affirmation de ne pas vouloir rentrer dans les cases tout comme « Nah Nah Nah » beaucoup plus rebelle dans l’esprit.

Impossible de ne pas penser à Grimes et à Beabadoobee dans cette fusion musicale à mi-chemin entre dream-pop, allures grunge et soupçons hyperpop pour une touche de modernité et d’intemporalité. Geagea se rebelle face aux injonctions sociales imposées, prône pour une meilleure santé mentale, le queerness et la résilience avec d’autres hymnes fédérateurs tels que « Everything, All At Once » ainsi que « Drummer Boy » et « I Break Things ». Il ne manquera pas qu’Emotional Overload brouille les pistes entre chuchotements et cris libérateurs avec « The Glass Between Us » et « Someone I Already Love » en guise de conclusion cathartique. Une preuve que Geagea réussit à se renouveler afin de briller comme il se doit avec cet univers musical aussi bien hybride que chatoyant.

Note: 7.5/10