Lowertown – Ugly Duckling Union

Il y a quatre années de cela, Lowertown était sorti des sentiers battus avec un premier EP du nom de The Gaping Town suivi de leur long-format nommé I Love To Lie. Le duo de bedroom-pop américain composé d’Olivia Osby et d’Avsha Weinberg nous avait offert un disque absolument lumineux qui a mis du baume au coeur et qui a réussi à conquérir les cœurs de beaucoup de monde, à un tel point que They Are Gutting A Body Of Water ait remixé un de leur morceau. De l’eau a coulé sous les ponts, l’heure est venue pour eux de passer à l’étape supérieure avec son successeur nommé Ugly Duckling Union.

Le duo d’Atlanta retrousse leurs manches en nous embarquant dans une odyssée dantesque. Démarrant avec un « Mice Protectioon » aux abords acoustiques et lo-fi, Lowertown nous plonge dans un disque conceptuel où les deux protagonistes qui se battent contre le monde médiatique tyrannique et qui se battent pour garder leur indépendance et leur esthétique DIY. On voit ce parallèle avec le fait qu’ils ont beau signer chez Dirty Hit, la grosse machine derrière the 1975, beabadoobee ou encore Rina Sawayama, sous le sous-label Summer Shade mais hors de question pour eux de trahir leurs principes DIY. Mais cette bataille s’avère bien rude car on plonge dans la psychologie du duo à travers des titres absolument irrésistibles à l’image de l’électrique « Worst Friend » parlant de la relation bien complexe entre les deux mais également de la power ballade bien brute du nom de « Forgive Yourself ».

Toujours est-il que Lowertown continue de nous en faire voir de toutes les couleurs, en passant dans des contrées folk (« Big Thumb ») aux éclats post-punk (« (I Like To Play With) Mutts ») avec un détour twee sur « Cover You » en un clin d’œil et le fait avec beaucoup de réussite. C’est en marchant sur les pas d’Elephant 6 sur « I Like You A Lot » ou de Black Eyes sur « DIPSHIT » que le duo d’Atlanta saura nous fasciner dans cette lutte acharnée qu’ils mènent tout au long de ce Ugly Duckling Union en accentuant cette intensité émotionnelle avec « Anything Good Takes Blood » et « Some Things Never End » en guise de conclusion cathartique. En fin de compte, le groupe ne déçoit que rarement à travers ce disque décidément DIY et plein de surprises en préservant leurs valeurs musicales face à une industrie bien trop obsédée par les stats.

Note: 8.5/10