After The Bees – Let’s Rise !

After The Bees est un duo féminin nantais composé d’Alexandra Guillot (chant, guitare) et de Cécile Gravot (harpe, chœurs) qui compose une musique bien singulière. Après avoir partagé les scènes de Piers Faccini ou encore de Bertrand Belin entre autres, voilà qu’elles sortent leur premier album intitulé Let’s Rise.

Les lauréates du prix Mécènes pour la musique 2016, le duo nous enchante avec ses comptines aériennes allant de « Birds On Paradise » à « The Way » en passant par des jolis nectars sonores comme « All Right », « White Days » et « Hope Song ». Vous en voulez plus ? Et bien, des morceaux comme « Keep My Song » et « Tell Me » où les notes de guitare acoustique se mêlant aux notes de harpe malicieusement pincées et ses harmonies vocales féminines vous procureront des frissons inouïes.

Pour un premier album parfaitement cohérent et abouti, After The Bees a mis le paquet grâce à leur univers féérique et toujours aussi onirique. Laissez-vous séduire par ce duo guitare acoustique/harpe qui vous transportera au 7ème ciel car un peu de douceur ne fait jamais de mal.

Note: 8/10

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Fabrizio Cammarata – Of Shadows

L’indie folk à l’italienne a son charme. Vous me croyez pas quand je dis ça ? Et pourtant avec Fabrizio Cammarata ira fermer des bouches aux détracteurs avec son univers mélodique et contemplatif qu’il retranscrit à merveille sur son album Of Shadows.

En onze morceaux, l’auteur-compositeur-interprète emmène son auditeur dans des contrées intimistes à travers les titres mélancoliques allant de « Long Shadows » à « I Don’t Belong Here » sans oublier le rock dense de « Come And Leave A Rose » et « Naked For You » balançant entre reggae et rock alternatif qui détonne. Pour le reste, on plane aux notes de guitare et à la voix gracieuse du bonhomme sur « What Did I Say », « Say Goodbye » et la touchante conclusion intitulée « Mi Vida ».

Tandis qu’on continue à pardonner les Italiens pour la Coupe du Monde de 2006, on se réconciliera un peu plus avec Of Shadows de Fabrizio Cammarata qui réchauffera les cœurs mais aussi fera pleurer les chaumières avec sa précision et ses instrumentations feutrées.

Note: 8/10

Poussin – Comma

La scène montpelliéraine regorge toujours des perles et encore une fois, je ne dis pas ça parce que c’est ma ville natale. Cette fois-ci, on s’attaque à Poussin, un jeune quatuor indie folk qui avait fait paraître un premier EP en 2015 qui leur a permis d’être révélé aux Inrocks Lab. En novembre dernier, ils ont récidivé avec un nouvel EP intitulé Comma qui est plutôt de bonne facture.

En cinq titres, Poussin nous envoûte avec des mélodies caressantes comme la sublime introduction « The Rose and The Flames » mais aussi les titres plus salvateurs comme « Coma » et « This Charming Man ». Pouvant passer de la frénésie sur le passionnant « Wish I Could » au sautillant sur la conclusion « Til The End Bites », le quatuor montpelliérain arrive à nous convaincre avec leur pop-folk apaisante et organique et ce Comma est un bel essai.

Note: 8/10

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Will Samson – Welcome Oxygen

Chez Talitres, on a toujours la classe et la distinction. Et c’est du moins ce que l’on ressent avec des groupes/artistes comme Flotation Toy Warning, Motorama ou encore Raoul Vignal mais aussi Will Samson, musicien britannique basé à Bruxelles. Après deux albums impressionnants et un EP, voilà qu’il fait son grand retour sur le label bordelais avec son troisième disque intitulé Welcome Oxygen.

Centré autour d’une voix, d’une guitare acoustique et d’un violon, Will Samson nous invite dans son intimité à travers ces huit compositions envoûtantes et frissonnantes à mi-chemin entre folk et sonorités électroniques. Et on commence très fort avec les bouleversants « Shimmery » et « Forestry » où la voix du britannique résonne à travers ces instrumentations minimalistes qui font immédiatement leur effet sur « Find A Little Light » et « O Medo ». On est en droit de penser à du Sufjan Stevens, Labradford mais encore à du Richard Hawley de la première heure à l’écoute de l’instrumental « Water Fall Diver » mais encore à « Old Roots » et « Holly Hollow » pour un résultat plus que bouleversant.

Will Samson fait paraître une bouffée d’oxygène à travers ce nouvel opus à la fois rayonnant, angélique et poignant. Welcome Oxygen montre la renaissance d’un artiste en perpétuel combat avec ses démons, une bataille qu’il réussit à gagner avec sérénité.

Note: 8/10

Denai Moore – We Used To Bloom

Il a fallu qu’une révélation au We Love Green et une apparition bien mémorable sur le second album de SBTRKT pour que tout semble sourire pour Denai Moore depuis 2014. La révélation soul-folk britannique d’origine jamaïcaine a connu le succès qui est suivi d’un premier album Elsewhere l’année suivante et depuis, le monde n’a d’yeux que pour elle. C’est ainsi qu’elle récidive avec son second opus We Used To Bloom sorti en juin dernier.

Ce second album est vu comme une sorte de thérapie afin de parler de ses problèmes et c’est de cette façon que Denai Moore arrive à s’exprimer et à donner tout son ressenti. We Used To Bloom contient pas mal de perles on ne peut plus synthétiques comme « Let It Happen », « Trickle » ou encore « Twilight » traitant du fait que tout peut s’écrouler lorsque l’on entretient quelque chose faisant ressortir le talents vocal de la jeune demoiselle. Ajoutons cela avec une dose de sensualité et de puissance, on obtient également des moments savoureux à l’image de « Do They Care ? », « Leave It Up To You » mais encore « Does It Get Easier ? ». Ah, et que dire du fabuleux duo avec l’autre prodige londonien Kwabs sur « All The Way » qui referme la marche somptueusement: un combo gagnant, comme on en fait plus.

Pour faire court, Denai Moore a entrepris un virage musical à 90° des plus risqués afin de nous offrir un We Used To Bloom où elle use de son pouvoir pour se confier à son auditeur et à sortir de son cocon bien conventionnel. Encore une fois, la mission est plutôt réussie.

Note: 7.5/10

 

Manolo Redondo – Helmet On

L’album A Drop About To Drown a permis de placer Manolo Redondo au rang des auteurs-compositeurs-interprètes les plus prometteurs du moment. Très vite, on a su que le bonhomme avait un bon goût pour les déambulations musicales bien aventureuses et cette année, il nous revient en forme avec son successeur intitulé Helmet On.

Légèrement plus rock que son prédécesseur, il n’en oublie pas pour autant ses sonorités folk raffinées et élégantes. Et de ce fait, Manolo Redondo sort à nouveau des sentiers battus avec des morceaux ciselés comme « Stains Remain » ouvrant le bal où les sonorités organiques et synthétiques font bon ménage mais également l’introspectif « Best Kept Secret » et la ballade entêtante et nocturne « Lo Is The New Hi » qui valent le détour.

On est en droit de penser à du Bowie par certains moments en raison de ses fascinantes envolées et de petites touches expérimentales qui font leur effet sur des titres comme « Bigger Blow », l’intense « Ten Thousand Days » où le bonhomme étonne pour son rôle de crooner sans oublier « Waves Men Ocean » pour le moins détonnant. Il n’hésite pas à employer la langue de Molière sur des morceaux hors normes qui nous font transporter comme « Alpinisme », « Lentement » ou encore l’impressionnant « Des incas et des khmers ». Dans l’ensemble, Helmet On est un disque osé où Manolo Redondo aime faire balader son auditeur dans des contrées aussi bien célestes que psychédéliques surtout avec la conclusion bien-nommée « Conquête spatiale ».

Note: 8.5/10

Julien Pras – Wintershed

Qui l’eût cru qu’un ancien membre d’un groupe de doom pourrait emprunter un virage musical à 180° en se lançant en solo ? Et bien, c’est le cas pour Julien Pras, ex-membre de Mars Red Sky qui abandonne le stoner doom pour l’indie folk psychédélique planant et mélancolique. Et autant dire qu’il réussit plutôt bien dans ce registre avec son nouvel album Wintershed faisant suite à son Shady Hollow Circus.

Démarrant avec le somptueux « Hurry Kane », Wintershed ira convoquer les influences des regrettés Elliott Smith période XO et Nick Drake période Five Leaves Left. Dès lors, le français nous présente un album de pop radieux teinté d’une légère mélancolie avec des valses reposants comme « Divine Spark » et « Horses In Disguise » ou les touches psyché de « Hired Mourners » et « Green Planets ».

Impossible de ne pas penser non plus à de nombreux groupes de sunshine pop des 60’s, surtout à l’écoute des sublimes « My Loyal Partner » et « On Trial » qui montrent un Julien Pras intrépide en matière de songwriting. C’est donc sans humilité que Wintershed nous tiendra chaud pour cet hiver en raison de ses compositions aériennes et lumineuses, d’une douceur insoupçonnée.

Note: 9/10