
C’est fou de penser que le véritable chef-d’œuvre de Wavves (troisième album), King of The Beach, fête ses quinze années d’existence. Suite à cela, le projet mené par Nathan Williams a énormément évolué et a suscité une discographie que l’on peut considérer comme étant remplie et constante. On les avait laissé avec un Hideaway (chroniqué ici), produit par Dave Sitek, qui leur a permis de sortir quelque peu de leur zone de confort. En cette saison estivale, le groupe de San Diego fait son grand retour avec leur neuvième album intitulé Spin.
Exit Dave Sitek et bonjour Aaron Rubin pour la production. Pour celleux qui ne le connaissent pas, il fait parti du cercle de blink-182 et il est le frère d’Ilan Rubin, batteur d’Angels & Airwaves, et il a donc été choisi pour être aux commandes de ce Spin qui se veut être un « retour aux sources » pour Wavves. Et on est en plein dedans dès le morceau-titre introductif, très Weezer dans l’âme, où Nathan Williams et ses acolytes optent pour un son beaucoup plus policé, à mi-chemin entre power-pop et pop-punk, avant de récidiver avec les enflammés « Lucky Stars » et « New Creatures ».
Il n’y a pas de doutes, ça sent la Californie des années 1990-2000, le soleil et le skate à plein nez. Et d’ailleurs, Wavves s’offre le luxe de convier le légendaire Travis Barker aux fûts et derrière les consoles pour deux titres, que je peux qualifier de très blink-182 avec « Goner » et « Way Down ». Et c’est peut-être là que le bât blesse, c’est-à-dire que je trouve que ce Spun quelque peu de vraie personnalité. Une chose qui était rare en parcourant récemment la discographie de Wavves, et c’est d’autant plus flagrant lors des écoutes de « Gillette Bayonet » ou bien encore de « In Good Time » qui possède quelque chose de très (trop) conventionnel et peu original. Heureusement que ces légers faux pas sont rectifiés par des moments réussis comme l’intense et incendiaire « Busy Sleeping » contrastant avec des titres plus aérés à l’image de « Big Nothing ».
Cette intensité ira crescendo jusqu’au final salvateur du nom de « Holding Onto Shadows » qui viendra clôturer ce Spin quelque peu doux-amer. D’un côté, Wavves ira convoquer la nostalgie fougueuse qui aura fait leur renommée mais de l’autre côté, on ira bouder ce manque de cohésion et l’absence d’identité propre qui peut être flagrante sur certains titres. A consommer avec beaucoup de modération.
Note: 7/10
