Big Thief – Double Infinity

Dans le lot de disques événements de cette rentrée, on ne pouvait pas passer à côté du grand retour de Big Thief. Le groupe new-yorkais n’a pas arrêté d’enchaîner masterclass sur masterclass pendant cette décennie et autant vous dire qu’ils nous avaient manqué depuis leur précédent chef-d’œuvre nommé Dragon New Warm Mountain I Believe In You il y a trois années de cela (chroniqué ici) afin de mieux solidifier leur statut. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour le groupe de faire son retour en cette rentrée bien intense avec leur sixième disque intitulé Double Infinity.

Pour celleux qui n’ont pas encore suivi l’affaire mais Big Thief ne compte que trois membres. En effet, le bassiste Max Oleartchik a décidé de quitter l’aventure l’année dernière laissant ainsi Adrianne Lenker, Buck Meek et James Krivchenia seuls à l’abordage. Cette nouvelle aventure laisse entrevoir de nouvelles perspectives pour le désormais trio et ce Double Infinity ne dérogera pas à la règle à travers ces neuf nouvelles compositions plus planantes et plus cosmiques que jamais. On en veut pour preuve le morceau d’ouverture poétique nommé « Incomprehensible » où le trio aborde des arrangements beaucoup plus new age tout en faisant preuve d’une incroyable sagesse avant de prendre son envol avec des titres aux ambiances flottantes à l’image de « Words » aux doux airs Americana et du plus langoureux « Los Angeles » qui suivent.

Pour manifester ce renouveau, Big Thief pourra compter sur l’aide précieuse de Laraaji qui reste présent à travers ce bijou cosmique et planant. Sa patte se fait ressentir à travers des moments contemplatifs comme « Grandmother » aux envolées vocales psychédéliques incontournables même lorsqu’il est relayé à la cithare sur d’autres compositions immersives et éthérées telles que « All Night All Day » (accompagné des chœurs de Hannah Cohen) ou bien même « No Fear ». Mais petit à petit, on redescend gracieusement sur Terre vers la fin avec l’atmosphérique et lisse « Happy With You » ainsi qu’avec la conclusion apaisée du nom de « How Could I Have Known » entre autres.

Même si Double Infinity reste légèrement en deçà de leur impeccable discographie, personne ne pourra nier que Big Thief saura faire voyager son auditoire vers de nouvelles contrées. Le songwriting et l’interprétation empreints d’émotion d’Adrianne Lenker restent toujours présents tandis que ce virage beaucoup plus atmosphérique qu’entreprend le trio annonce une musique jouée avec la chair et non avec les instruments. Une idée de reconstruire un avenir plus radieux, en somme.

Note: 8/10