
Comme si on ne vous l’a pas assez rappelé mais la renaissance de Suede fait partie un des moments forts du paysage britannique. Le légendaire groupe a étonné son auditoire avec l’incroyable précédent album nommé Autofiction il y a trois années de cela (chroniqué ici) qui permettra à Brett Anderson et à ses compères de rentrer un peu plus dans la légende. Alors forcément, leur retour était plus que bienvenu avec leur successeur qui s’intitule Antidepressants tombant à pic en cette rentrée bien chargée.
Bon autant la faire courte: ce dixième album est tout aussi grandiose que son prédécesseur. Tout simplement parce que Suede qui s’offre les services d’Ed Bueller en personne et viendra éveiller de nouvelles sensations chez le groupe qu’ils viendront apprivoiser de manière grandiose, comme l’atteste le morceau d’ouverture bien intense nommé « Disintegrate » convoquant les riffs saturés ainsi que les cadences presque militaires qui accompagnent l’interprétation aussi bien susurrée que hurlée de Brett Anderson. Autant dire qu’Antidepressants sera une expérience musicale bien intense avec également « Dancing With The Europeans » qui prend le relai avec cette efficacité redoutable qui nous fera frémir comme jamais.
Si Autofiction était considéré comme étant leur album le plus punk, Antidepressants serait leur disque beaucoup plus post-punk. Suede ira en plus explorer avec réussite et de profondeur les angoisses de la vie moderne, notamment lors des écoutes du morceau-titre plus ténébreux et plus rugueux où Brett Anderson continue de nous faire frémir avec son spoken-word redoutable contrastant avec d’autres titres plus mélodiques et contemplatifs que sont « Somewhere Between An Atom And A Star » ou encore la ballade harmonieuse nommée « June Rain ». Peu importe si le légendaire groupe excelle dans des moments les plus calmes et d’autres titres beaucoup plus effrontés à l’image des riffs puissants de « Sound And The Summer » ou bien encore de « Criminal Ways », Suede n’a rien perdu de leur charisme. Et même si des titres comme « Sweet Kid » peuvent s’avérer anodins et nous laisseront un peu plus sur notre faim, on préférera aux airs Britpop de l’efficace « Transe State » montrant l’incroyable alchimie du groupe qui brille chacun de leur côté. Antidepressants détonne également pour cette ambiance post-gothique à travers des guitares sombres et écorchées qui viendront tout dévaster sur leur passage notamment sur « Life Is Endless, Life Is A Moment » en guise de conclusion puissante.
Vous l’avez compris, Suede n’aura pas fini de nous surprendre avec ce Antidepressants des plus vibrants. Leur virage post-punk viendra tutoyer de nouveaux sommets où chaque membre du groupe apporte leur pierre à l’édifice à travers la profondeur de leurs compositions tout en jouant brillamment avec les contrastes. Entre douceur et fougue, cradingue et sophistiqué, ce dixième album est certainement leur opus où les émotions contradictoires règnent en maître.
Note: 9/10
