
L’événement musical de ce printemps est bien sûr le grand retour de WU LYF après quinze années de silence radio. Je me souviendrais toujours de la fois que je les avais vus au Point Ephémère alors que j’étais encore étudiant et que j’étais pris une sacrée claque avec leur premier album nommé Go Tell Fire To The Mountain qui a conquis les cœurs de tout mélomane qui se respecte en 2011. Et comme tout mélomane qui se respecte, j’avais le cœur brisé quand le groupe mancunien s’est séparé l’année suivante et même si on avait beaucoup suivi les trajectoires solos de chacun, à savoir Ellery James Roberts au sein de Lost Under Heaven ou encore Thom McClung qui s’est rebaptisé Francis Lung. Puis au printemps 2025, coup de théâtre: WU LYF se reforme le temps de quelques concerts… jusqu’à la véritable annonce: un nouveau titre inédit à l’automne dernier qui annonce un second album nommé A Wave That Will Never Break. Mais vont-ils de nouveau raviver la flamme comme il y a quinze ans ? Suspense, suspense.
Les premières secondes de « Love Your Fate » permettent de poser les bases de façon élégante. WU LYF revient là où on les attendait avec la voix toujours aussi grondante d’Ellery James Roberts aux allures de cri bestial qui se marie parfaitement à cette composition entraînante jouant parfaitement avec les tensions avant de prendre son envol avec cette montée en puissance sur « Robe Of Glory » reconnaissable entre mille sans oublier ces riffs qui débordent tant et cette section rythmique absolument martiale et impériale qui nous ont tant impressionné. Il n’y a pas de doutes, A Wave That Will Never Break prouve que le groupe mancunien (avec l’aide de Sonic Boom himself aux manettes) n’a rien perdu de leur verve « heavy pop », à mi-chemin entre indie rock, art-rock et post-rock, qui a été emblématique mais avec un léger twist moderne pour mieux nous faire frémir, à l’image du faussement jovial « The Fool » possédant quelque chose de cynisme dans l’approche.
Plus on avance, plus WU LYF décide d’accentuer l’intensité tout au long de ce A Wave That Will Never Break, pour le meilleur comme pour le pire. Les sept morceaux dépassent allègrement les cinq minutes (à l’exception du morceau d’ouverture nommé « Love Your Fate ») mais possèdent quelques moments pour les moins inégaux, comme le montre « Tib St. Tabernacle » qui, en dix minutes, saura aussi bien nous en mettre plein les oreilles en nous emportant très loin avec cette palette harmonique mais qui n’émeut que trop peu mais encore l’épique « Wave » à l’introduction pleine de sobriété avant de prendre des faux airs d’opera rock en suspension qui parait quelque peu décousu au final. Il ne manquera plus qu’une conclusion du nom de « At The End Of The Day (It Is Because It Is) » beaucoup plus éthérée et libératrice qui fera baisser la tension avec beaucoup d’élégance, symbolisant le calme après la tempête.
En fin de compte, ce grand retour de WU LYF ne décevra pas du tout. Qui sait de l’impact qu’aura A Wave That Will Never Break par rapport à leur premier album mais toujours est-il que le quatuor mancunien aura ravivé la flamme avec efficacité même si on aurait aimé un disque beaucoup plus épique et plus fugace à leur image. Mais une chose est sûre, c’est que nos quatre protagonistes reviennent comme si ils n’étaient jamais partis, un retour qui fera énormément plaisir aux fans, quoi qu’il advienne. En espérant que ce retour ne soit pas éphémère.
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