
Comme si ce début d’été n’était pas aussi caniculaire que ça, Downtown Boys fait son grand retour. En réalité, cela faisait tout de même moins d’une décennie que nous étions sans nouvelles du groupe punk de Providence avec leur précédent album nommé Cost of Living paru à l’été 2017. Durant ce laps de temps, les membres se sont émancipés pour former d’autres side-projects (on pense notamment à Gauche, La Neve ou à Clch) ou composer des bandes-originales sans oublier de réclamer leurs royalties face au streaming qui paye mal les artistes. Mais toujours est-il que le groupe est bien de retour avec leur nouveau disque nommé Public Luxury.
Pour ce quatrième album, Downtown Boys continue de frapper là où ça fait mal. Brouillant les pistes entre punk-rock et indie rock, on se familiarise de nouveau avec ce mélange musical qui côtoie les traditions latines, comme l’atteste le morceau d’ouverture nommé « No Me Jodas » (qui veut dire « venez pas me casser les couilles » en espagnol) ou encore « Sirena » où Victoria Marie célèbre aussi bien les liens ancestraux (avec un sublime hommage à sa grand-mère décédée l’an dernier) que la résistance face à la déforestation et au réchauffement climatique (cela ne peut être on ne peut plus approprié que maintenant, tiens) mais aussi au rancheras mexicain. Vous l’avez compris, Public Luxury montre un groupe plus fâché que jamais et à raison.
Downtown Boys balance un géant cocktail molotov à la gueule de l’administration la plus désastreuse de l’histoire des Etats-Unis avec notamment « You’re A Ghost » dénonçant les méfaits de la ICE et soutenant les militants pro-palestiniens persécutés injustement en ligne de mire et qui contraste au plus mélancolique « Yellow Ghost » aux synthés dignes de Springsteen rendant hommage aux jeunes victimes de guerre. Public Luxury se montre plus politique que jamais mais ne néglige pas pour autant l’intime, notamment sur « Albuterol » où l’interprétation de Victoria Marie est plus somptueuse que jamais avant de nous surprendre avec cette reprise bien punk de ce standard électro-cumbia de Malportado Kids qu’est « Mi Concha ».
Ajoutez ceci au morceau-titre en guise de conclusion incendiaire et vous obtiendrez un retour magistral signé Downtown Boys. Et cela fait toujours plaisir d’avoir un mot de la part de la formation de Providence qui se fâche tout rouge à travers cette exutoire musicale si nécessaire et si percutante tout en imaginant un futur collectif et radieux.
Note: 8/10
