
On se souvient quand Harmony Tividad a mis fin au projet Girlpool pour se lancer en solo. Et avec un peu de recul, ses premiers essais solo n’étaient pas ouf, on se souvient de son premier album nommé Gossip où elle s’est complètement plantée en allant puiser vers des influences hyperpop. A côté de cela, on a vu son ex-acolyte Avery Tucker qui s’en est pas mal tiré avec son premier album nommé Paw plus Americana dans l’esprit. Bref, la douche froide pour la californienne. Mais elle ne baisse pas les bras car elle récidive avec un nouvel album nommé Lifetime.
Fini l’hyperpop, Harmony Tividad revient à ses bases beaucoup plus indie pop pour cette nouvelle aventure. C’est en comptant sur Yves Rotham derrière les manettes, l’ex-Girlpool convoque les arrangements beaucoup plus organiques et plus chaleureux, comme l’atteste le morceau d’ouverture nommé « Mulholland Drive » gentiment solaire mais ô combien nostalgique avant de prendre le large avec d’autres compositions immersives et enivrantes telles que les allures doucement 60’s de « Best Dressed » ou encore « In The Light Of The Sun » qui semble sortir tout droit d’une BO d’un teenage movie des années 1990.
Bien entendu, Harmony Tividad compte faire preuve d’originalité en usant de l’Auto-Tune sur « Apple Pie » ou en pitchant sa voix comme beaucoup d’artistes hyperpop sur la ballade pleine de fragilité qu’est « Weekend Girl » sans jamais repartir sur des terrains de son précédent album. Mais toujours est-il qu’elle réussit à nous émouvoir comme personne en faisant parler sa vulnérabilité sous des arrangements vibrants notamment sur « I’m Still Learning How To Leave You » faisant sortir les cordes ou encore sur « Anything » et « Quiet Cost of Living » où il est question de performativité, de relations toxiques et de problèmes d’estime de soi qui rythment son quotidien.
Ajoutez ceci à une berceuse inquiétante du nom de « Where Strangers Go » ainsi qu’une conclusion frémissante du nom de « Pantomimer » et vous obtiendrez un Lifetime absolument bouleversant. Il n’y a pas à dire, Harmony Tividad rectifie le tir en revenant à ses bases auxquels on l’a connu auprès de Girlpool tout en s’ouvrant à nous de la plus belle des manières. Une parfaite remontada musicale comme on dit dans le milieu.
Note: 8/10
