Avery Tucker – Paw

Je pense que les fans orphelins n’ont toujours pas digéré la fin de Girlpool. Pour rappel, le duo californien qui nous avait livré un ultime album du nom de Forgiveness a décidé de raccrocher les gants tout simplement car Harmony avait envie de se lancer en solo le plus rapidement possible. Chose faite pour elle car elle s’est lancée en solo avec un premier album du nom de Gossip paru l’an dernier. Mais quid d’Avery Tucker ? Et bien, il a aussi son mot à dire avec son premier album nommé Paw.

Contrairement à son ancienne comparse qui s’était quelque peu cassé les dents en allant vers des influences beaucoup plus hyperpop très sucrées, Avery Tucker reste droit dans ses bottes. On retrouve quelque peu ce qui avait fait la grandeur du Girlpool d’autrefois tandis que le musicien californien décide de s’ouvrir à nous tout au long de ces onze compositions absolument introspectives dont « Like I’m Young » plantant le décor avec soin. Paw est une occasion pour lui de faire parler ses angoisses et ses insécurités en tant qu’homme trans tout en interrogeant son rapport à sa sexualité à travers des influences à mi-chemin entre Americana, indie rock slacker et légers soupçons grunge sur « Malibu » et sur « Knots » entre autres.

Paw poursuit cette introspection des plus viscérales qui est notable par l’interprétation plus riche en émotions d’Avery Tucker. L’intensité émotionnelle se fait ressentir lors des écoutes de « Rust » riche en reverbs et co-produit par Alaska Reid aux faux airs de la regrettée Julee Cruse mais également de « In The Smoke » et « Baby Broke » tandis qu’il continue d’exorciser son malaise général de la plus belle des manières. L’ex-Girlpool pourra également compter sur la présence d’Aaron Maine pour un « Baby Broke » des plus poignants mais aussi Katie Gavin de MUNA sur « Angel » qui porte très bien son nom mais il réussit à tirer son épingle du jeu en solo avec également la vibrante conclusion du nom de « My Life Isn’t Leaving You ».

Contrairement à son ancienne acolyte qui a emprunté un virage bien trop radical, Avery Tucker est resté sur ses terres tout en naviguant dans des terrains plus Americana sur un Paw définitivement viscéral qui aura de quoi nous frissonner pendant un petit bout de temps.

Note: 8/10