
Suite à la parution de leur premier EP nommé Eazy Peazy il y a deux années de cela, les yeux et les oreilles curieuses étaient rivées sur Man/Woman/Chainsaw. Le sextet venu tout droit de Londres où on retrouve à la tête du cortège Billy Ward et Vera Leppänen qui sont les véritables cerveaux de la formation. Depuis, le groupe a fait un sacré bonhomme de chemin et est devenu en quelques sortes un des groupes à surveiller de très près. Il faut dire qu’ils étaient attendus au tournant et ENFIN, ils présentent leur premier album nommé Cannonball.
Et ce qui fera la singularité de Man/Woman/Chainsaw est tout simplement cette incroyable fusion entre post-punk arty et pop de chambre lyrique qui fait fureur tout au long de ces onze nouveaux titres mis en boîte par Margo Broom (Fat White Family, Big Joanie) et Seth Evans (Geordie Greep, black midi). Démarrant en trombe avec « Only Girl » où on vacille entre post-punk et concerto pour violon, le sextet londonien continue de jouer avec cet équilibre sans oublier ces arrangements riches qui font effet sur le plus strident et langoureux « Canyons » avec l’interprétation d’Emmie ainsi que sur les plus électriques et poisseux « Goddamn, Lizard Man! » ainsi que « The Thing » où Billy Ward prend les devants. Oui, Cannonball ne laissera personne indifférent.
Vous l’avez sans doute compris mais Man/Woman/Chainsaw compte nous en faire voir de toutes les couleurs de bout en bout. Et on poursuit donc avec la ballade angélique et légèrement romantique « Lighter » qui ajoute un peu de lumière dans ce périple avant que des moments plus enlevés et rythmés comme le plus pop « Nosedive » ainsi que sur « Get Up and Dance ». Le sextet sait faire intervenir les instruments à l’instant T tandis que les harmonies vocales occuperont l’espace (Billy Ward qui se veut plus rêche contrairement à Emmie-Mae Avery et Vera Leppänen qui sont beaucoup plus tendres et élégantes) au même niveau que les envolées lyriques avec entre autres « Snakebite » et « Still Angry » avec cette furie montant crescendo allègrement au milieu de ces cordes frottées contrastant avec une conclusion beaucoup plus pop qu’est « Something Else To Give ».
Un magnifique cocktail musical qu’est ce Cannonball où Man/Woman/Chainsaw sait allier tendresse et rugosité avec ces arrangements luxueux qui n’auront rien à envier à Black Country, New Road pendant l’ère Isaac Wood. Le sextet londonien sait parfaitement maintenir l’équilibre musical entre différentes influences musicales pour un résultat inouï.
Note: 8.5/10
