DIIV – ZIRP!

Aussi incroyable que cela puisse paraître, on n’aurait jamais pensé que DIIV ferait un retour aussi rapide que maintenant. En effet, le groupe de Brooklyn nous a habitué à un gap plus large entre les albums et il faut dire que leur grand retour en 2024 avec Frog In Boiling Water qui fut sacrément mémorable et parfaitement en phase avec son époque. Mais personne ne s’attendrait à ce que Zachary Cole Smith et ses compères puissent enchaîner avec leur cinquième disque qui s’intitule ZIRP!.

Et plus surprenant encore, c’est que DIIV puisse faire appel à un producteur de renom pour affiner leur identité musicale: A.G. Cook. Celui que l’on considère comme le pape de l’hyperpop est donc choisi pour guider le quatuor de Brooklyn à créer un nouveau son qu’est le « new alternative » afin de concurrencer de nouvelles têtes comme Slayyyter, Turnstile ou toute la clique de Julia’s War (TAGABOW, Total Wife, Full Body 2…) qui monte en puissance. L’association entre A.G. Cook et DIIV peut s’avérer incongru mais coule pourtant de source à l’écoute de ZIRP!, à mi-chemin entre shoegaze et accents plus pop légèrement électroniques, et on en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « The Fountain » où les guitares distordues et abrasives annoncent clairement la couleur avec cette énergie débridée et cette rythmique foutraque.

Thématiquement, ZIRP! reprend là où DIIV s’est arrêté avec Frog In Boiling Water qui abandonne les influences slowcore, à savoir l’effondrement du capitalisme mais avec une légèreté nouvelle tout en insistant sur le fait de briser les barrières dans l’industrie musicale actuelle, d’où l’idée du « the new alternative ». Et c’est à travers d’autres compositions foisonnantes mais jamais désordonnées à l’image de « Kid » absolument pop et sucré mettant en avant une énergie plus communicative contrastant aux textures plus rugueuses que sont « When The Glow Came For Us » ou encore « Dare Me » et « The Crash » sentant bon les sonorités dignes de My Bloody Valentine. Il faut dire que le quatuor de Brooklyn saura monter d’un cran au fur et à mesure avec les influences synthpop/indietronica complètement inédites de « Trillions » et du plus menaçant « Evangelizer » avant de faire preuve d’expérimentation afin de briser les normes avec « Us Against You » volontairement déstructuré avec ces notes de guitare nous hypnotisent avant de monter crescendo niveau saturation mais encore « Underground » aux rythmiques volontairement ralenties mais faisant preuve de prestance.

Ajoutez ceci à un « My Star » notable par ce mur du son infranchissable à travers des riffs fuzzy surpuissants ainsi qu’à un « Idiot In The Sky » plus tranquille mais remarquable par ces envolées soniques notables et vous obtiendrez un ZIRP! pour le moins ambitieux et surprenant. Grâce à l’apport d’A.G. Cook, DIIV repousse les limites du shoegaze bien rugueux tels que l’on a connu en incorporant des sonorités plus pop et plus indietronica sans jamais renier le coolitude du groupe de Brooklyn qui se sent plus en mesure d’exprimer leurs nouvelles ambitions.

Note: 8.5/10