Grooms – Comb The Feelings Through Your Hair

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On n’entend pas beaucoup parler d’eux mais Grooms est devenu en quelques années la référence en matière d’indie rock noisy. Leur précédent album Infinite Caller en 2013 était un bon petit chef-d’oeuvre qui est malheureusement passé inaperçu. Mais le groupe de Brooklyn ne perd pas espoir et continue son bonhomme de chemin. Et pour ce faire, ils n’hésitent pas à élargir sa palette musicale, et c’est ce que l’on retrouve sur leur quatrième album Comb The Feelings Through Your Hair.

Le changement ne s’est pas fait qu’au niveau de leur musique mais au niveau du line-up car on retrouve Steve Levine à la batterie, qui a joué un des skateurs « biznitch » dans le spin-off Better Call Saul (aucun spoiler…). Et il faut dire que ce biznitch est un peu le MVP de l’album car grâce à lui et ses baguettes, l’atmosphère de l’album se fait transcendante et aérienne en plus d’une section rythmique bien élastique. Les mélodies se font plus pop et spatiales mais travaillées jusqu’à l’os. Le noise-rock des débuts laisse place à de multiples nappes sonores éthérées, à l’image des titres comme « Bed Version »ainsi que le single planant « Cross Off » qui est à la limite du shoegaze, ou même la pièce-maîtresse de l’album qui se nomme « Doctor M » allant du krautrock digne de Can à une longue conclusion ambient et éthérée. Comme quoi Grooms assume cette évolution musicale à la perfection.

Travis Johnson (le seul membre du groupe original) et sa bande sont énormément inspirés et n’ont pas fini de nous surprendre. S’ils marchent toujours sur les pas de Pavement, on sent clairement qu’ils ont envie d’expérimenter. On est en mesure de déceler du Tame Impala période Lonerism sur « Will The Boys », par exemple, qui penche vers le psychédélisme onirique et même du Deerhunter sur l’enivrant « Grenadine Scene From Inside ».

Pari réussi pour Grooms qui a réussi sa « reconversion musicale », si je peux me permettre. Comb The Feelings Through Your Hair (à vos souhaits…) est en quelques sortes une nouvelle identité du groupe dans la mesure où il a tenté de transporter son indie rock dans des sphères spatiales, où les guitares sont mis en arrière-plan au profit des nappes sonores pour un résultat… spatial.

Note: 8/10