Tacocat – Lost Time

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Ce qui unit les groupes de Seattle Chastity Belt, Pony Time et Tacocat, ce sont leur sens de l’humour mais aussi le féminisme notamment sur leur side-project hilarant Childbirth. Et c’est justement Tacocat qui sort du lot avec deux albums complètement hilarants Shame Spiral en 2010 et l’excellent NVM en 2014 (pour « Never mind » et non « Niquez vos mères » au cas où vous vous posez la question). Emily Nokes (chant et guitare), Bree McKenna (basse), Lelah Maupin (batterie) et le seul gars de la bande Eric Randall (guitare) reviennent pour de nouvelles aventures déjantées mises en musique avec un troisième opus Lost Time, référence aux X-Files.

On sait pas si ils ont bouffé du X-Files en travaillant sur ce nouvel opus mais c’est bourré de références. Sur le premier titre évocateur « Dana Katherine Scully » aux intonations surf-rock, le quatuor la place en héroïne mais a surtout la nécessité de donner le ton au disque. Ici, Emily Nokes décortique avec humour toutes les galères que peut rencontrer une femme dans sa vie, que ce soit ses règles sur « FDP » (pour « First Day Of Period » et non « Fils de pute » mais ça, vous vous en êtes doutés…), les méfaits de la pilule du lendemain sur « Plan A, Plan B » ou du mansplaining sur « Men Explain Things To Me ». Ah et puis les trolls, haters et autres rageux des réseaux sociaux s’en prennent plein la gueule sur « The Internet ». Bah oui, elle ne respecte rien mais a surtout le don de rire de tout.

Musicalement parlant, on ne constate pas vraiment d’évolution. Tacocat se contente toujours de faire bouger la foule avec son sorte de garage-punk bubblegum et ce pour notre plus grand plaisir avec des brûlots efficaces comme « I Love Seattle », « I Hate The Weekend » ou encore le sympathique « You Can’t Fire Me, I Quit ». Avec des titres comme ça, on devine déjà le thème de la chanson avant même de l’avoir écouté. Et c’est peut-être le seul reproche que je peux faire sur Lost Time, c’est le manque de surprise et tout paraît évident. Si des titres aussi sympathiques qu’ils soient comme « Talk » ou « Horse Grrls », on devine déjà le schéma musical après dix secondes d’écoute: couplets calmes et refrains explosifs. Mais sinon, pas mal de morceaux sortent du lot comme la jangle-pop old school de « Night Swimming » et la conclusion surf-pop de « Leisure Bees » qui ont le mérite de clore ce troisième opus sur une bonne note.

En 30 minutes seulement, on digère les drôles de péripéties de Tacocat et on apprécie comme d’habitude. Le quatuor pop-punk nous éclate toujours autant avec ses textes loufoques et ses compositions racées et entraînantes, exactement comme ses prédécesseurs. C’est tout ce qu’on leur demandait, d’autant plus qu’Emily Nokes et ses acolytes nous ont donné une brave leçon de féminisme à nouveau sans se répéter dans leur discours. La vérité n’est pas ailleurs, elle est du côté de Seattle.

Note: 7/10

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