Kevin Morby – City Music

Auteur d’un des meilleurs albums de l’année 2016 nommé Singing Saw (chroniqué ici), Kevin Morby est définitivement devenu LE musicien incontournable de la scène indie américaine. Et il y a de quoi être fier car l’ex-bassiste de Woods assoit sa notoriété grâce à ses mélodies incontournables pouvant rivaliser avec Bob Dylan et Leonard Cohen et une tournée mondiale triomphale. Quand il n’y en a plus, il y en a encore car il récidive avec son quatrième album nommé City Music. Est-il à la hauteur de son prédécesseur ? Arrivera-t-il à nous éblouir à nouveau ?

Kevin Morby continue sa route avec la nostalgie comme principal leitmotiv où nous quittons Los Angeles pour retourner à New York. Notre principal intéressé a affirmé: « J’ai écrit les deux disques au même moment. Je voulais qu’ils soient complètement opposés. Ce sont les deux mêmes histoires mais racontées selon deux différents paysages. […] Je décris New York, mais c’est un New York fictionnel. Je mêle mes souvenirs, ce que j’ai pu voir dans les films, lire dans des bouquins. C’est plutôt une idée de la ville plutôt que la ville en tant que telle. J’ai choisi New York comme une figure et une inspiration pour montrer ce que j’avais envie de raconter. C’est un peu une autobiographie, une lettre à toutes les villes dont je ne peux me passer. Ça peut-être n’importe quelle ville, à chacun de lire ça à sa manière ». Et son interprétation de New-York, on la ressent vivement surtout à l’écoute du mélancolique « Come To Me Now » où la voix du bonhomme se noie sous fond d’harmonium pour donner une ambiance fin de journée/coucher de soleil avant de passer aux choses sérieuses avec le très rythmé « Crybaby » et le sympathique hommage aux regrettés Ramones nommé « 1234 » décidément explosif et expéditif.

Avec l’aide de ses fidèles potos Megan Duffy alias Hand Habits à la guitare (qui a publié un des albums les plus sublimes de 2017 ici) et de Justin Sullivan à la batterie (également membre de son ex-groupe The Babies) et soutenu par Richard Swift à la production, Kevin Morby ne cesse d’impressionner notamment avec la réinterprétation d’un standard punk du groupe The Germs nommé « Caught In My Eye » en format folk-rock. On relèvera également les magnifiques berceuses comme « Dry Your Eyes » avec son interprétation digne de feu Lou Reed qui, au contraire, nous fera tirer une larme, contrastant avec des morceaux plus directs comme « Aboard My Train » avec un solo de guitare raffiné, l’incisif « Tin Can » ainsi que « Pearly Gates ». Et comment ne pas rester de marbre face aux monuments dépassant les 6 minutes comme le morceau-titre résolument vintage ainsi que l’intimiste « Night Time » savamment maîtrisés ?

Achevant son road-trip musical sur une conclusion majestueuse nommé « Downtown’s Lights » dont seul lui a le secret, Kevin Morby nous confie sans indiscrétion les clés de sa City Music totalement irrésistible. Même si on ne frôle pas la perfection contrairement à Singing Saw, l’auteur-compositeur-interprète de renom continue de voyager et de nous envoûter à chacune de ses destinations. On aurait tellement aimé que ces voyages soient sans fin et on a hâte de connaître la prochaine destination.

Note: 9/10

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