Julien Baker – Turn Out The Lights

Fin 2015-début 2016, Julien Baker a attiré toute notre attention avec son premier album Sprained Ankle (chroniqué ici). L’ancienne membre du groupe punk-rock Forrister s’est faite une reconversion musicale totalement réussie et nous a incroyablement touché avec ses compos indie folk intimistes et dépouillées. Suite à la consécration de cet opus, la jeune native de Memphis a obtenu un deal chez le légendaire Matador (un peu comme pour Car Seat Headrest) et est considérée comme le nouveau visage de l’indie folk féminin. Et c’est sans compter que ce nouvel album Turn Out The Lights qui est attendu de longue date et qui nous a énormément impressionné.

Suite à la magnifique introduction instrumentale avec ses notes de piano intitulée « Over » déboule le véritable premier morceau de l’album « Appointments » où le piano d' »Over » se transforme aux hypnotiques accords de guitare électrique qui se mêlent à la chétive mais puissante voix de Julien Baker qui fait l’état de sa dépression et de ses années difficiles. Jeune femme chrétienne et homosexuelle de 22 ans, elle nous raconte son combat quotidien contre ses démons, rappelle son passé pour le moins sordide à travers des ballades poignantes à l’image de « Sour Breath » (« The harder I swim, the faster I sink » répète-t-elle à la fin du morceau), « Everything That Helps You Sleep » et autres « Shadowboxing ».

Avec une production plus que présente, une instrumentation intimiste et larmoyante (guitare et/ou piano avec des cordes par option sur quelques titres) et la participation de Cameron Boucher du groupe Sorority Noise, Julien Baker arrive à tirer une larme à son auditeur sans artifices en racontant sa dépression infernale sur « Hurt Less », son mal-être qui grandit de plus en plus sur les ballades au piano que sont « Televangelist » et « Turn Out The Lights », son passé de junkie dur à supporter sur « Happy To Be Here », le tout avec perfection. Il suffit d’une interprétation grandiose nous laissant bouche bée notamment sur le dernier morceau qu’est « Claws In Your Back » où elle exprime sa foi en Dieu toujours aussi solide malgré ses pensées suicidaires qui le traversent où elle hurle à la fin: « I think I can love the sickness you made/Cause I take it all back, I change my mind/ I wanted to stay, I wanted to stay ». Grand moment d’émotion.

Éteignez la lumière et fermez les yeux. Laissez-vous submerger par la tonne d’émotions que nous concocte Julien Baker sur ce Turn Out The Lights qui est tout simplement LE meilleur album de l’année 2017 qui vous fera tirer une larme à coup sûr. Personne n’en sortira indemne de ces onze ballades slowcore avec une écriture plus que poignante et douloureuse servant de catharsis pour la native de Memphis. C’est donc sans prétention qu’elle accède au panthéon exclusif des meilleures auteures-compositrices-interprètes américaines de cette décennie en raison du fait de repasser en revue sa psychologie en lambeaux pour tenter de le réparer comme elle le peut.

Note: 10/10

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