Fat White Family – Serfs Up!

En 2016, Fat White Family avait frappé un grand coup avec leur second disque Songs For Our Mothers (chroniqué ici). A cette époque, personne n’aurait imaginé que le groupe britannique aurait emprunté un virage plus cérébral pour ce disque alors qu’ils sont réputés pour être des bêtes de scène nihilistes. Quoi qu’il en soit, de l’eau a coulé sous les ponts depuis et ils reviennent des enfers avec leur nouvel album Serfs Up!.

Des enfers, c’est le cas de le dire pour Fat White Family. Entre problème de drogue, tournées promo chaotiques et clash entre les frères Saoudi et Saul Adamczewski, il a fallu mettre cette aventure entre parenthèses le temps que chaque membre s’épanouisse chacun de leur côté avec leurs side-projects (Warmduscher, The Moonlandingz, Insecure Men…). Comme le dit un certain diction, mieux vaut se séparer pour mieux se retrouver. Trois années plus tard, les voici de nouveau unis prêts à reconquérir la scène britannique.

Il n’est toutefois pas question de balancer du gros son nihiliste sur Serfs Up!. Ici, Fat White Family privilégie les arrangements pop sophistiqués et étrangement paisibles comme l’atteste son introduction nommée « Feet » interprété par Lias Saoudi en mode ténébreux avec sa rythmique électro-discoïde lancinante et ses percussions macabres suivie du plus bancal mais intéressant « I Believe In Something Better ». Ce virage musical ira surprendre plus d’un mais rien n’empêche pour la troupe britannique ira exploiter cette optique avec plus ou moins de réussite avec le sensuel et envoûtant « Vagina Dentata » ou l’exotique « Kim’s Sunsets ».

Bien entendu, le résultat de Serfs Up! s’avère plutôt inégal, un peu comme si Fat White Family ne se mouille pas trop sur certains moments. Entre groove industriel sur « Fringe Runner » et ballade pop aux arrangements classieux sur « Oh Sebastian », le côté hétéroclite de ce troisième opus est salué mais n’est pas toujours réussi sur certains points. Bien évidemment, on retrouve l’énergie bien potache sur les accents glam et les chants grégoriens de « Tastes Good With The Money » conviant notre dandy Baxter Dury et de « Rock Fishes » mais cela ne nous empêche pas de penser qu’ils nous laissent sur notre faim.

S’achevant sur le lancinant « Bobby’s Boyfriend », ce troisième album des britanniques se veut être un kaléidoscope pop psychédélique coloré mais qui manque parfois de cohésion mais ce n’est pas faute d’avoir essayé pour autant. Quoi qu’il en soit, on appréciera plutôt leur rédemption après des années obscures pour le groupe.

Note: 7.5/10