Iggy Pop – Free

On avait laissé l’iconique Iggy Pop avec son dernier album intitulé Post Pop Depression il y a trois années de cela (chroniqué ici) produit par Josh Homme. Ce disque était censé être son disque de la retraite mais l’idée de la retraite était sans doute ridicule pour notre iguane adoré. C’est avec son nouvel album bien foufou nommé Free que l’idole du rock’n’roll de 70 piges.

Avec lui, on quitte les ambiances du Rancho de la Luno pour aller arpenter vers des chemins plus jazz mais à sa façon. C’est à travers ces dix nouvelles compositions OVNIesques placées sous le signe de la liberté et de l’expérimentation qu’Iggy Pop continue de nous fasciner. Avec sa voix de baryton, il décide de nous en mettre plein les oreilles sur des titres poignants comme « Loves Missing » franchement plus rock où il médite sur les conséquences sur le manque d’amour et la solitude ou le plus lumineux et avant-gardiste « Sonali ».

Entre les arrangements bien audacieux menés par le trompettiste et chanteur de jazz Leron Thomas ainsi que la compositrice Sarah Lipstate et (incroyable mais vrai) Florian Pellissier, Iggy Pop arrive à nous surprendre sur des morceaux crépusculaires et surprenants comme « James Bond », « Glow In The Dark » et « Page ». Bien entendu, il n’oublie pas son côté provoc sur le déchaîné « Dirty Sanchez » où il s’en prend de nouveau à la société de consommation: « Always playing with your butts/ The things you do for the camera/This online porn is driving me nuts« .

La fin de ce Free prend une tournure plus solennelle lorsque notre iguane a décidé de se lancer en spoken-word. Il n’hésite pas à reprendre des poèmes du regretté Lou Reed nommé « We Are The People » qui trouve un écho par rapport à l’Amérique de Trump ou encore du défunt poète gallois Dylan Thomas avec « Do Not Go Gentle Into That Good Night » ou le plus frissonnant et funeste « The Dawn » montrant un Iggy Pop plus humaniste et réaliste par rapport à la mort qui l’attend d’ici peu. Il ne fait aucun doute que Free soit un de ses disques les plus ambitieux et les plus « libres » qui l’ait pu faire à ce jour.

Note: 7.5/10