Tame Impala – The Slow Rush

Cela fait maintenant une décennie que Tame Impala a réussi à s’imposer parmi les plus grands groupes du moment. Ayant débarqué avec un Innerspeaker qui a remis au goût du jour les bases du rock psychédélique, Kevin Parker n’a pas caché ses ambitions pop au fil du temps. Deux ans plus tard, il connaîtra la consécration avec Lonerism en 2012 ainsi que Currents trois ans plus tard (chroniqué ici). Suite à cela, le monde de la musique se l’arrache et l’australien s’approprie de plus en plus la musique pop. Quatre ans et demi se sont écoulés et il revient enfin avec son successeur nommé The Slow Rush.

Comme il faut s’y attendre, Tame Impala reprend là où il s’est arrêté avec Currents. En prenant bien son temps, Kevin Parker privilégie une fois de plus les synthés et autres claviers ainsi que les sonorités plus électroniques, plus pop et plus groovy qui sont au programme des titres comme « One More Year » en guise d’introduction. Ses précédentes collaborations avec entre autres Lady Gaga et Mark Ronson l’ont marqué et des traces d’ADN sont trouvables que ce soit sur des morceaux plus sophistiqués comme « Instant Destiny », « Breathe Deeper » ou encore « On Track » qui rappellent quelque peu la tendance actuelle sans oublier la voix beaucoup plus mise en avant de l’australien et moins masqué par les effets psyché sur les albums précédents.

Et même si les breaks de batterie peuvent rappeler les rythmiques plus hip-hop et si des titres fusent avec les ambiances plus groove avec « Borderline » ou d’autres plus synthétiques avec « Is It True » et « Glimmer » où l’on pensera à du Daft Punk par moments, Tame Impala n’a tout de même pas perdu sa verve psychédélique. Elle résonne de temps à autre que ce soit sur la pop délicieuse de « Lost In Yesterday » à la ligne de basse groovy qui est une quête d’une nostalgie révolue tandis que « Posthumous Forgiveness » relate la perte d’un être cher. Mais qu’importe, les australiens continuent leur mutation musicale qui aliénera la majorité de leur fanbase.

Pour paraphraser un titre du groupe: « Yes, I’m changing ». Donc oui, il est bien loin le temps du Tame Impala qui nous ensorcelait avec un « Why Won’t You Make Up Your Mind » ou un « Elephant » et « Feels Like We’re Only Go Backwards ». Et même lorsqu’ils tentent de revenir aux bases notamment sur le final « One More Hour » avec son crescendo psychédélique où l’on s’attendait à quelque chose de plus explosif à la « Nothing That Has Happened So Far Has Been Anything We Could Control », ce n’est plus le groupe australien du début de la décennie antérieure. The Slow Rush est une ultime preuve que Kevin Parker est devenu un musicien qui a dépassé ce stade de rockeur psychédélique pour les hipsters. Ce renouveau pop ira décontenancer plus d’un mais rien n’enlèvera le fait que les australiens savent être groovy pour le coup.

Note: 8/10