Damon Albarn – The Nearer The Fountain, More Pure The Stream Flows

Nous sommes en plein mois de novembre. Et ce n’est pas le plus funky des mois. L’heure d’hiver est là, les journées sont raccourcies et les températures dégringolent. De quoi avoir le moral dans les chaussettes et envie de s’évader. Et bien en musique, c’est tout à fait possible. Et pas n’importe laquelle d’ailleurs. Parce que Damon Albarn a décidé de nous dépayser pour son grand retour avec son second disque solo intitulé The Nearer The Fountain, More Pure The Stream Flows.

Beaucoup de choses se sont séparées pour notre Damon Albarn depuis la parution de son premier album solo Everyday Robots en 2014 (inutile de compter son Dr. Dee). On l’a vu multiplier de nombreux projets en ressuscitant ses groupes fétiches comme Blur, Gorillaz ou encore The Good, The Bad and The Queen en passant par Africa Express durant ce laps de temps. Mais notre hôte préféré a préféré opter pour l’isolation et la contemplation et cela se ressent sur ce second disque solo tant attendu inspiré par la beauté de l’Islande et la disparition d’êtres chers. Retranché là-bas, il présente sa facette vulnérable et crue de la plus belle des manières.

En contemplant au lointain les paysages ainsi que les différents cours d’eau qui sont le fil conducteur de ce disque, Damon Albarn observe de loin les plages et océans en réfléchissant sur ses conditions de solitaire à travers le premier morceau s’ouvrant sur un son cristallin. Il se dévoile à nous à travers ce voyage musical intemporel mélancolique et quasi-orchestral aux influences jazzy et folk baroque que l’on retrouve également sur les morceaux nostalgiques que sont « The Cormorant » et « Royal Morning Blue ». La solitude n’est pas le seul thème de ce The Nearer The Fountain, More Pure The Stream Flows car il y aborde également le deuil et l’absence de l’être aimé notamment sur les touchants « Daft Wader » et « Darkness To Light » où la voix se fait plus haute mais absorbée par ce thème ainsi que les claviers éthérées qui nous emportent au lointain.

Afin de bien prolonger ce rêve musical dont on ne veut pas s’en sortir, plusieurs pièces instrumentales méditatives sont à notre disposition, à commencer par « Combustion » convoquant riffs saturés, saxophones et claviers mystiques mais également avec « Esja » ponctué de bruits de vagues ainsi que l’éthéré « Giraffe Trumpet Sea ». The Nearer The Fountain, More Pure The Stream Flows poursuit avec des compositions bouleversantes mais ô combien immersives et hétéroclites telles que les jazzy « The Tower of Montevideo » avec en prime un solo de saxophone signé Mark Smith et « Polaris » nous donnant l’impression d’être de nouveau face à un cours d’eau. Après avoir braqué la solitude et le deuil, un brin de renouveau et d’espoir pointe le bout de son nez vers la fin du périple avec « Particles » fonctionnant comme un réveil d’un rêve si somptueux.

Ce second disque permet de mesurer l’étendard du talent de Damon Albarn qui reste encore un grand nom sur la scène de nos jours. Et aussi une preuve qu’il sait élargir son spectre sonore à bon escient afin de renouveler son son, qu’on le veuille ou non. Car qui pourrait se vanter de nous faire relativiser ce mois de novembre afin de nous inciter à l’évasion ? The Nearer The Fountain, More Pure The Stream Flows arrive à illustrer les vagues comme des émotions en tous genres et mieux vaut y plonger dedans pour mieux se retrouver et se ressourcer.

Note: 9.5/10