Martina Topley Bird – Forever I Wait

Parmi les retours totalement inespérés, il y avait bien entendu Martina Topley Bird. Pour les incultes, il s’agit d’une grande dame qui a joué une grande part sur l’émergence du trip-hop et qui fut l’égérie (et femme) de Tricky avant de s’en émanciper avec deux disques solo. Cela faisait donc treize longues années qu’elle n’avait pas publié d’albums depuis The Blue God qui fut produit par Danger Mouse. Après cette longue traversée du désert, elle fait donc son grand retour avec son successeur intitulé Forever I Wait.

Ce nouvel opus répondra à la fameuse question du « qu’a-t-elle bien pu mijoter depuis tout ce temps ? » tout au long de ces douze nouvelles compositions solennelles et intimistes. Martina Topley Bird n’a rien perdu de son grain de voix qui nous avait envoûté auparavant et ce dès l’entrée en matière nommée « Pure Heart » où on est à mille lieues de l’atmosphère poppy et organique de The Blue God. L’ambiance est définitivement trip-hop et lancinante avec « Wanted », « Weasel » et « Wyman » montrant notre hôtesse en quête de rédemption.

Avec l’aide de Robert del Naja que vous connaissez tous entre autres, Martina Topley Bird se bat contre ses démons et surmonte des épreuves les plus rudes telles que le décès de sa fille (que Tricky avait exprimé de façon pudique sur son dernier album). Mais la voix enchanteresse de la diva du trip-hop arrivera à atténuer la douleur tant elle se lance dans une introspection définitivement attachante avec « Love », « Free » et « Collide ». De beaux moments sont à souligner tout au long de ce Forever I Wait avec notamment « Blood » et « Rain » qui clôture ce troisième disque avec grâce et élégance signant son retour d’une très belle manière.

On retrouve une Martina Topley Bird plus attachante qui s’est réconciliée avec son passé afin de faire un retour vibrant. Une attente qui en valait la peine.

Note: 8/10