Father John Misty – Chloë and The Next 20th Century

La dernière fois que nous avions eu des nouvelles de Father John Misty, cela remonte à l’année 2018 lorsqu’il avait fait son retour en grâce avec God’s Favorite Customer (chroniqué ici). Josh Tillman avait une fois de plus affûté son écriture et son sens de la mélodie, qu’on le veuille ou non. Après quatre années de silence radio (et c’est dire qu’on s’inquiétait beaucoup), le musicien américain revient en pleine forme avec Chloë and The Next 20th Century.

Une fois de plus, notre Father John Misty s’entoure de son fidèle comparse Jonathan Wilson pour la conception de ce Chloë and The Next 20th Century. Alliez donc la plume aussi bien satirique du bonhomme aux ambiances plus Broadway, et vous obtiendrez ce nouveau disque pour le moins surprenant. Car oui, Josh Tillman s’éloigne définitivement de son registre folk-rock baroque pour aller puiser vers des ambiances de comédie musicale rétro, comme l’atteste des titres à l’ampleur théâtrale tels que l’introduction orchestrale nommée « Chloë » avant de récidiver avec « Kiss Me (I Loved You) » et « (Everything But) Her Love ».

Virevoltant entre ambiances de cabaret (« Buddy’s Rendezvous »), swing (« Funny Girl ») ou encore bossa-nova (« Olivado (Otro Momento) »), le voyage dans le temps que nous propose Father John Misty peu déplaisant. Chloë and The Next 20th Century permet de voir la plume toujours aussi acerbe de notre saltimbanque sur un autre angle avec les arrangements jazzy de « We Could Be Strangers » où il imagine un couple victime d’un accident de la route avec son humour bien particulier.

Hormis « Goodbye Mr. Blue » un peu trop inspiré de « Everybody’s Talkin » d’Harry Nilsson, Father John Misty surprend avec ce virage rétro qu’est Chloë and The Next 20th Century. Même si il ne tourne pas totalement le dos aux influences qui l’auront forgé sur « Only A Fool » et sur le final dramatique qu’est « The Next 20th Century ». Ce voyage dans le temps a beau étonner mais on retrouve tout de même l’exubérance ici diluée de son auteur.

Note: 8.5/10