Gaika – Drift

Souvenez-vous lorsque Gaika avait débarqué il y a cinq années de cela avec son premier album nommé Basic Volume (chroniqué ici). Le MC de South London avait délivré un disque sombre et mutant soufflant un parfum de révolte tandis que sa fusion entre ragga futuriste, trip-hop industriel et dancehall anxiogène. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour lui de signer son grand retour avec Drift attendu de pied ferme.

Au programme de ces quatorze nouveaux titres, Gaika nous plonge dans un labyrinthe anxiogène. On en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « Drift On » où on plonge dans les abysses en compagnie du MC britannique alternant chant inquiétant et flow millimétré avant de viser large avec « Piñata » et « Sublime » où il assume définitivement cette fusion entre darkwave, trip-hop et rock alternatif des années 1990.

Avec ce virage beaucoup plus analogique que Basic Volume, Drift fait gronder les guitares comme jamais tout comme sur les allures reggae-dub de « O Vampiro » ou sur les steel drum retentissants de « Bonehead Behavior » où cette ambiance tendue a de quoi rappeler WU-LU. Bien entendu, Gaika pourra compter sur la participation de Kida noyée sous un fond de reverbs sur « La Vacanza » ou encore la rappeuse Bbymutha le temps d’un « Lady » ensorcelant avant que The Narrator et Azekel ne souffle sur le brouillard sur les allures gospel futuristes de « Less Burners Bigger Hearts » où cette envie de révolte ne faiblit jamais. Quoi qu’il en soit, Drift permet de montrer la versatilité de Gaika qui n’en finit pas de nous impressionner.

Note: 8.5/10