St. Vincent – All Born Screaming

Une chose est sûre, c’est que St. Vincent ne laissera personne indifférent. Annie Clark continue de surprendre son auditoire à chaque album. Son précédent album nommé Daddy’s Home aux allures soulful et digne des années 1970 était une œuvre pour la moins réussie prouvant qu’elle sait être versatile comme il se devait. Trois années plus tard, elle compte revenir aux sources avec son tout nouveau disque sobrement intitulé All Born Screaming cette fois-ci autoproduit.

Une fois de plus introspectif, St. Vincent n’a pas fini de se dévoiler à nous. On en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « Hell Is Near » aux relents English folk psychédéliques où Annie Clark exorcise ses maux les plus profonds tout comme sur un « Reckless » des plus funestes. Très rapidement, l’ambiance se fait à la fois arty et viscéral avec l’intervention de Dave Grohl aux baguettes sur le métallique « Broken Man » où elle lâche définitivement les chevaux tout comme sur les influences art-rock industriel « Flea » rappelant l’aspect cathartique de Nine Inch Nails (“I’m just like a hungry little flea jumping on somebody’s warm body / When you start to itch and scratch and scream / Once I’m in you can’t get rid of me”, chante-t-elle).

Brouillant définitivement les pistes entre art-rock, rock industriel, dream-pop et grunge, All Born Screaming est l’occasion pour St. Vincent d’exprimer ses ambitions artistiques. Tantôt elle opte pour un mantra positif malgré toute la négativité ambiante sur le groove onctueux de « Big Time Nothing » aux airs de Grace Jones tantôt elle rendra également hommage à la regrettée SOPHIE sur le somptueux « Sweetest Fruit » aux relents de Kate Bush, la musicienne réussit à nous transporter au lointain tout en contemplant une société en plein effondrement et en plein malaise. On pensera également à la ballade dream-pop nommée « The Power’s Out » où elle imagine un New-York post-apocalyptique et les influences gentiment dub de « So Many Planets » imaginant une société plus utopique.

Il ne manquera plus qu’une conclusion aux allures new-wave en compagnie de Cate Le Bon (et de la workaholic Stella Mozgawa derrière les fûts, parce que bon faut le préciser) aux dernières minutes effrénées pour que St. Vincent puisse nous étonner une fois de plus. L’artiste américaine n’a pas fini de nous surprendre par sa palette musicale une fois de plus élargie afin d’offrir un disque cathartique et singulier.

Note: 8/10