Los Campesinos ! – All Hell

La dernière fois que nous avions eu des nouvelles de Los Campesinos !, cela remonte à l’année 2017 avec leur précédent album nommé Sick Scenes (chroniqué ici). Le septuor de Cardiff est définitivement entré dans la légende avec leur discographie absolument riche et qui va se compléter avec leur tout nouvel album nommé All Hell et quelque chose nous laisse à penser qu’il s’agirait d’un de leurs plus grands albums à ce jour.

Mettant un terme à sept années de silence radio, le légendaire groupe emo gallois compte mettre les bouchées doubles avec ce nouveau périple musical qui s’annonce dantesque. All Hell semble être un disque conceptuel centré sur le climat actuel au Royaume-Uni qui se dégrade depuis l’annonce du Brexit et de la pandémie qui a fragilisé les différentes classes sociales. Et on plonge dans cette dystopie dès les premières notes de « The Coin-Op Guillotine » prenant des allures post-rock avant de repartir vers des contrées emo qu’ils maîtrisent avec brio tout comme sur « Holy Smoke (2005) » et les guitares grondantes de « A Psychic Wound » qui suivent et rappelant les dégâts du capitalisme dans notre société.

Los Campesinos ! se montre beaucoup plus inspiré que jamais avec l’interprétation beaucoup plus flamboyante de Gareth Paisley qui nous en fait voir de toutes les couleurs. Entrecoupés d’interludes musicaux afin de bien distinguer cette dystopie musicale fascinante, All Hell capture tous les aspects du septuor gallois mais en beaucoup plus raffiné. On en veut pour preuve les écoutes des percutants « Long Throes » et « Feast of Tongues » avec ce crescendo progressif des plus frémissants où ils dépeignent une société britannique qui s’effondre petit à petit un peu à la manière d’un IDLES avant d’enfoncer le clou avec « Clown Blood/Orpheus’ Bobbing Head » qui a de quoi rappeler les meilleurs moments de We Are Beautiful, We Are Doomed. On appréciera également la divine intervention de Kim Paisey sur le mid-tempo nommé « kms » ajoutant un brin de diversité pour notre plus grand plaisir.

Le troisième acte de All Hell se montre un brin plus optimiste sans jamais dénaturer leur propos et leurs influences entre pop-punk et art-rock. C’est notamment le cas lors des écoutes de « Moonstruck » et de « 0898 HEARTACHE » où Los Campesinos ! se montre plus ambitieux et plus rassembleur que jamais avant d’apparaître une lueur d’espoir vers la toute fin avec l’acoustique « Adult Acne Stigmata » si apaisant avec ces derniers mots qui résonnent en nous: « You’re so beautiful, the sky is blue/But we both know too well, it’s all hell ». Une sorte de piqûre de rappel en nous disant que même si l’avenir s’avère incertain, l’espoir reste une des dernières issues qui nous reste pour vivre.

Note: 10/10