
On avait laissé Peel Dream Magazine en pleine forme avec un Pas absolument somptueux il y a deux années de cela (chroniqué ici). La formation de pop baroque new-yorkaise basée désormais à Los Angeles poursuit son bonhomme de chemin à travers sa musique voyageuse et truffée de nostalgie qui continue de prendre de la hauteur avec leur successeur tant attendu du nom de Rose Main Reading Room.
Il suffit de fermer les yeux et de se laisser emporter par la magie de Peel Dream Magazine. En assumant définitivement le virage baroque des années 1960-1970 dès le départ avec « Dawn » convoquant les instruments à bois et autres arrangements baroques ayant de quoi rappeler aussi bien Sufjan Stevens que Steve Reich avant de prendre de la hauteur avec les somptueux « Central Park West » où Joseph Stevens nous emmène en vadrouille (sans oublier les sublimes chœurs d’Olivia Babuka Black en prime) ainsi que « Wood Pandelng, Pt. 3 ».
On navigue ainsi dans la psychologie de Joseph Stevens qui distille les complexités de la vie, ses angoisses permanentes et sa difficulté d’adaptation entre sa ville natale et sa ville d’adoption. Son quotidien parsemé d’embûches regorge énormément d’inspiration à travers ce subtil mélange entre Stereolab période Sound-Dust et Margarine Eclipse, Yo La Tengo et Belle & Sebastian que l’on retrouve à travers des instrumentations élégantes telles que « Oblast » mais également « I Wasn’t Made For War » ou encore « Four Leaf Clover » où les textures musicales sont plus riches qu’à l’accoutumée. Mêlant sans vergogne les instrumentations organiques et synthétiques notamment sur « Migratory Patterns » ou sur « Gems and Minerals » où les drones cotoient les instruments à bois sans oublier des moments riches en nostalgie comme « Machine Repeating », « Recital » et « Ocean Life » que l’on repassera en boucle.
Il ne manquera plus qu’une splendide conclusion nommée « Counting Sheep » où Joseph Stevens nous motive avec un mantra qu’est « Stop counting sheep, don’t worry / Those dats back then, don’t worry / That was pretend, don’t worry ». Peel Dream Magazine nous incite à prendre du recul et de ne pas se laisser submerger par les pensées intrusives: tel est un peu la synthèse de Rose Main Reading Room qui est un disque que l’on écoutera inlassablement et dont on découvrera toutes les subtilités de la vie avec tant d’insouciance. Un parfait moyen de laisser place à la paix intérieure mais surtout à l’inconnu.
Note: 8.5/10
