Fat Dog – WOOF.

Cela fait tout de même plusieurs mois que le nom de Fat Dog attise la curiosité, dont la mienne. Le quintet britannique avait sillonné les routes françaises depuis quelques mois suite à la diffusion de plusieurs singles qui ont fait un sacré malheur. Je me souviens les avoir vu pour la première fois lors de la dernière édition de Pete The Monkey et franchement, quelle tuerie. J’avais tellement hâte de déguster leur premier album qui se nomme WOOF. Et en effet, ça a du chien ! (*ba dum tss*).

En compagnie de James Ford alias l’homme de la situation aux manettes, Fat Dog va se démarquer par leur singularité musicale. Prenez une dose d’acid klezmer, de post-punk digne de black midi, Fat White Family ou de Squid ainsi que de techno noisy à la The Prodigy et vous obtiendrez un WOOF. qui décoiffe sévèrement, dès le départ avec un « Vigilante » qui affiche clairement la couleur: « It’s fucking Fat Dog baby ! ». Cette fusion musicale fait effet avec cette énergie surnaturelle qui continuera de prendre de l’ampleur avec « Closer To God » notables par ces ruptures rythmiques inattendues ainsi qu’avec le synthpunk bien survolté de « Wither » qui suivent. Je vous avais dit que ça allait déménager, n’est-ce pas ?

Fat Dog mêle le grotesque à la précision dans sa musique à la fois fougueuse et profonde. C’est notamment le cas pour le totalement sobre « Clowns » qui a de quoi faire penser à du Underworld qui se met au R&B bien autotuné avant de repartir vers de l’énergie complètement folle avec la pièce maîtresse de 7 minutes qu’est le très inventif « King Of The Slugs » où l’on est surpris de passer de passages orientales aux influences polka sans jamais oublier ses bases électro surpuissantes. WOOF. compte reprendre du poil de la bête avec « All The Same » aussi bien martial que robotique et « Running » absolument frénétique et cathartique avant d’amener un peu de douceur et de sagesse avec le cinématographique « I Am The King » notable par cette chorale en guise de cerise sur le gâteau.

Cette folle épopée se clôture avec une conclusion de 45 secondes du nom de « And So It Came To Pass » sur un ton parlé bien calme et bien froid. Fat Dog répond ainsi à toutes ses promesses avec ce mélange de folle énergie punk, de beats électroniques monstrueux et de sonorités aussi bien klezmer qu’orientales pour un soupçon d’originalité. Plus efficace qu’un Royal Canin, WOOF. a un sacré caractère et une certaine folie qui n’auront rien à envier à la concurrence.

Note: 8.5/10

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