
Kelly Lee Owens est devenue un des poids lourds en matière d’electronica actuelle, n’ayons pas peur des mots. De fil en aiguille, la musicienne galloise est sortie des sentiers battus avec ce subtil mélange de techno caverneuse et cérébrale et de dream-pop éthérée et vaporeuse qui a rendu gaga plus d’un et c’est à cela qu’on la reconnaît. Après un LP.8 des plus viscéraux et des plus avant-gardistes paru en 2022 (chroniqué ici), elle revient à ses premiers amours avec son successeur qui s’intitule Dreamstate.
Pour son quatrième album, la CEO de son propre label DH2 décide de voir les choses en grand. Dreamstate est en quelques sortes une renaissance artistique pour Kelly Lee Owens qui ne cherche qu’à élargir ses nouveaux horizons envers sa musique moins brumeuse qu’auparavant, comme l’atteste le morceau d’ouverture nommé « Dark Angel » où on la sent plus libérée que jamais et qui se confirme lors des écoutes de « Love You Got » et de « Higher » un brin mainstream. Vous le comprendrez, l’univers ténébreux des débuts s’estompe au profit des compositions plus lisses et plus « colorées », si je ne puis dire.
Bien évidemment, je pourrais faire partie de ceux qui diraient: « gneugneu Kelly Lee Owens c’est mieux avant » mais c’est justement au cours d’écoutes répétées que le charme de Dreamstate se dévoile à nous. La galloise côtoie des ambiances beaucoup plus éthérées avec « Rise » et « Air » avant de déployer ses ailes sur des bombes implacables comme le morceau-titre ensorcelant passant de la dream-pop feutrée à une acid house percutante ainsi que les breakbeats célestes de « Time To ». Elle comptera ainsi sur Bicep dont leur empreinte musicale se fait ressentir mais aussi Tom Rowlands, moitié de Chemical Brothers, qui lui signe la splendide « Ballad (In The End) » montrant une Kelly Lee Owens rayonnante.
Passé un « Trust and Desire » des plus célestes, Kelly Lee Owens reluit de plus belle avec un Dreamstate qui étonnera plus d’un. Les aficionados regretteront l’ambiance des premiers albums mais cela reste une expérience absolument intéressante pour la galloise de sortir des ténèbres pour appréhender un avenir onirique et solaire malgré les intentions mainstream sur certains morceaux. Une chose est sûre, c’est qu’elle a franchi les portes du jardin d’Eden.
Note: 8/10
