Nicolas Michaux – Vitalisme

C’est en maintenant le rythme d’un album tous les quatre ans que Nicolas Michaux réussit à entretenir le mystère autour de lui. On l’avait laissé en pleine forme pendant que la fin du monde était imminente avec son précédent (et excellent) album Amour Colère riche en promesses (chroniqué ici). Donc forcément, son retour est toujours un événement par les temps qui courent et son tout nouveau disque intitulé Vitalisme ne déçoit pas du tout.

L’auteur-compositeur-interprète belge continue ici d’élargir ses horizons en explorant les extrêmes de la vie comme il a pu le faire mais avec une plume toujours aussi pointue et précise. Vitalisme qui fut développé entre l’île de Samsø au Danemark et la Free House à Bruxelles montre un Nicolas Michaux beaucoup plus touchant qu’à l’accoutumée dès le départ avec le lumineux « Chaleur Humaine » que l’on connaît depuis un an mais qui continue de nous charme par sa fausse légèreté et ce côté enjoué qui aura fait sa force. Il est suivi de près par un « Peace of Mind #2 » aux doux allures bluesy où on le voit arpenter dans les hôpitaux de son enfance ainsi que les somptueux « Watching The Cars » et « Alma » où l’on parvient, à travers des arrangements toujours aussi soignés, à plonger dans la psychologie si fascinante de son auteur.

Il est question de naissance et de renaissance pour Nicolas Michaux et ce Vitalisme ne déroge pas à la règle. Derrière ce thème découle d’autres dualités entre l’espoir et la cruelle réalité, le passé et l’avenir mais également d’autres sujets chers pour son auteur à savoir l’amour, la maladie, la lutte des classes ou encore le réchauffement climatique qui fera de ce nouvel album un recueil absolument chaleureux avec notamment « Reparations » et « A Long Time » qui nous réconcorteront comme il se doit. On se laissera aussi emporter par cette splendide reprise de Tucker Zimmermann qu’est « She’s An Easy Rider » non dénué de sensualité tout comme il adaptera « Le Léthé » de Baudelaire en une ballade folk intimiste et déchirante.

Explorant des sonorités absolument riches allant de la highlife sur le morceau-titre aux influences plus conventionnelles sur les élégants « A Tiger Has Escaped From The Zoo » et « Au Revoir Ma Chérie », Nicolas Michaux signe un Vitalisme absolument renversant. À travers son vécu, le musicien belge recolle les morceaux de son passé fragmenté en contemplant un futur où les polarités se rejoignent afin de mieux les appréhender.

Note: 8/10