Lou-Adrianne Cassidy – Journal d’un loup garou

En l’espace de deux albums, Lou-Adrianne Cassidy a réussi à se faire une place confortable dans le paysage musical montréalais. Notre protagoniste a mis tout le monde d’accord avec son précédent album nommé Bonsoir il y a trois années et demi de cela maintenant (chroniqué ici) avant de s’allier avec d’autres mastodontes de la scène montréalaise comme Ariane Roy (dont je vous reparlerai dans quelques semaines) et Thierry Larose le temps d’un album collaboratif paru l’an dernier. En ce début d’année, elle viendra frapper fort avec un nouvel album nommé Journal d’un loup garou qui se veut plus incisif que jamais.

L’heure est venue pour Lou-Adrianne Cassidy de se dévoiler à nous tout au long de ces quatorze nouveaux titres pour les moins détonnants. Journal d’un loup garou démarre fort avec un « Dis-moi dis-moi dis-moi » absolument épique et groovy avec ses arrangements ô combien riches (signés avec l’aide d’Alexandre Martel), à mille lieues de ce qu’elle nous a proposé auparavant tout comme sur l’ensoleillé et rythmé « alépok ». Et très rapidement, la montréalaise viendra nous surprendre une fois de plus à travers des morceaux plus légers et accessibles mais non dénués d’émotion comme « Cours, Cora, cours » retraçant le mythe de Perséphone ou encore « Souffle, Souffle » et « Chanson pour Odile » qui suivent.

Il est question d’abandon notamment lorsqu’elle évoque l’absence de son père qu’il a abandonné à l’adolescence mais également de la critique de l’objectivisation des femmes sur scène notamment sur « Je pars en vacances » où elle lève clairement  son troisième doigt. On peut considérer Journal d’un loup garou comme étant un véritable instant confession de Lou-Adriane Cassidy qui se dévoile sans fioritures tout en restant absolument touchante et élégante avec « Prière quotidienne » ainsi qu’avec le morceau-titre avec cet air joué au marimba absolument entêtant et « 16 vient du 30 » tandis qu’elle ira convier N Nao sur un « TDF » étrangement plus brut et industriel contrastant à leurs douces interprétations mais également Ariane Roy (et oui, encore elle) sur « Ariane » beaucoup plus sombre et solennel qui est une sublime déclaration d’amitié.

Il ne manquera plus qu’un « Celle-ci vient du cœur » en guise de conclusion beaucoup plus libératrice et mélancolique où elle remercie ceux qui ont participé à l’enregistrement de l’album pour que ce Journal d’un loup garou puisse résonner en nous éternellement. Lou-Adriane Cassidy signe ici un disque absolument cathartique et remarquable où sa métamorphose musicale aura de quoi surprendre. Peut-être un des disques les plus marquants de ce début d’année en matière de pop francophone.

Note: 8/10