
Personne ne pouvait s’attendre au grand retour de Youth Lagoon en juin 2023 avec son excellent album nommé Heaven Is A Junkyard (chroniqué ici). Trevor Powers a prouvé qu’il n’avait rien perdu de ses qualités mélodiques avec ce périple musical absolument envoûtant et éthéré qui lui a valu son lot de reconnaissance comme au début de la précédente décennie. Mais il n’aura pas fini de nous émouvoir avec l’arrivée de son successeur nommé Rarely Do I Dream.
Après avoir exorcisé ses années difficiles sur son album précédent, Youth Lagoon ira piocher dans ses souvenirs d’enfance qu’il a réuni à travers des VHS pour partir vers ses origines. Rarely Do I Dream s’ouvre sur un « Neighborhood Scene » où cette mélodie au piano irrésistible est accompagnée d’extraits de conversations tandis que notre protagoniste s’ouvre à nous de la manière la plus nostalgique et la plus mystérieuse qui soit (« Do I, do I belong in a country house ? », chante-t-il). Cette introspection aussi bien touchante qu’intrigante se poursuit avec un « Speed Freak » plus sombre et presque grungy dans l’âme avec ces riffs fuzzy et ces rythmes glitchs complètement ensorcelants qui contrasteront avec des moments plus atmosphériques comme « Football » rappelant l’ambiance sereine de Heaven Is A Junkyard ou encore « Seersucker » absolument envoûtants.
Sur Rarely Do I Dream, il n’est pas question que d’introspection mais également des histoires (réelles ou fictives) fascinantes donnant une allure cinématographique mais non dénués de morale. On en veut pour preuve des compositions riches en sensations en tous genres telles que « Gumshoe (Dracula From Arkansas) » à l’ambiance western mystique mais également les cordes en pizzicato de « Lucy Takes A Picture » qui n’auront pas fini de nous faire frémir tout comme les guitares grondantes de « Perfect World ».
Entre loops obsédantes et presque radioheadesques sur le presque expérimental « Canary » et ballades émouvantes et organiques avec « My Beautiful Girl », Youth Lagoon tire son épingle du jeu en fouillant dans ses archives. Il viendra conclure cette frasque narrative fascinante avec les allures trip-hop de « Saturday Cowboy Matinee » et sur d’autres extraits de ses vidéos personnelles où on creuse de plus en plus dans son passé. Et en ce sens, Rarely Do I Dream demeure un sublime album truffé de sincérité et d’inventivité où notre hôte n’aura pas fini de se réinventer afin de témoigner de son incroyable évolution.
Note: 8.5/10
