
Au printemps 2023, Miya Folick avait atteint de nouveaux sommets avec son précédent album nommé Roach (chroniqué ici). La musicienne californienne nous avait étonné par sa large palette musicale afin de mieux transparaître ses différents états d’âme de la façon la plus fluide qui soit. Et elle continue de nous étonner avec l’arrivée de son successeur qui s’intitule Erotica Veronica.
Pour cette troisième livraison discographique, Miya Folick continue de creuser plus loin dans son introspection afin de mieux brouiller les pistes. C’est en marchant sur les pas de Natalie Merchant ou encore de Sharon van Etten et de Lucy Dacus que la musicienne californienne ira assumer définitivement son identité queer à travers des compositions entêtantes que le morceau d’ouverture nommé « Erotica » où elle s’imagine flirter avec une inconnue dans la rue ou bien également la synthpop riche en sensations fortes de « La Da Da » et les plus enlevés « Prism Of Light » et « Alaska » aux acrobaties vocales indéniables que n’auraient reniée une certaine Samia par exemple tandis qu’elle se confie sur ses insécurités lors d’une relation amoureuse devenant de plus en plus sérieuse (« And I wondered if you wanted more and wrapped in a towel I stood in your room as you gave me a sweater to change into », chante-t-elle).
Erotica Veronica reste avant tout un catharsis avec un grand C. Grâce à une production allant tout droit au but, Miya Folick fera preuve d’honnêteté qui nous ferait presque froid dans le dos, que ce soit sur le doucement jazzy et synthétique « Felicity » qui contrastera avec le plus viscéral « Fist » où elle vide son sac quitte à se briser la voix et à presque perdre le souffle (« I punch myself in the face with my own little fist, then I collapse into you », chante-t-elle). Ce troisième album reste avant tout un grand ascenseur émotionnel qui atteindra son paroxysme avec un « Love Wants Me Dead » des plus terrassants avec un solo de guitare de haute volée en guise de cerise sur le gateau avant de faire entrer une lueur d’espoir avec les sonorités tantôt dream-pop de « Hypergiant » et la ballade folk nommée « Light Through The Linen » en guise de conclusion bouleversante et chatoyante.
En passant en revue ses désirs et ses tourments habituels sur la vision de l’amour et de la romance queer, Miya Folick redistribue les cartes et continue de briller comme jamais tout au long de ce Erotica Veronica à la fois chaleureux et troublant.
Note: 8/10
