
L’année dernière, nous avions eu l’incroyable surprise d’avoir le retour de Corridor qui a mis tout le monde d’accord avec leur album nommé Mimi (chroniqué ici). La formation montréalaise a signé un retour remarquable avec un disque plus mur et plus immersif qui a remporté tous les suffrages tant mérités. L’occasion également pour Jonathan Personne, membre du groupe, de revenir en solo après plusieurs années d’absence avec un nouveau disque nommé Nouveau Monde.
Pour ce quatrième disque, Jonathan Personne ira concilier l’exubérance et la sensibilité tout au long de ces neuf nouveaux titres pour les moins lo-fi issus de différentes époques n’ayant abouti sur aucun disque. Démarrant en trombe avec un « La vie, la mort » pour le moins électrique rappelant aussi bien Thin Lizzy que Brian Wilson, le membre de Corridor explore sa créativité artistique à travers ce Nouveau Monde très éclectique mais riche en sensations auditives très fortes avec également le plus apaisé et éthéré « Deuxième vie » ainsi que le morceau-titre aux doux airs 60’s.
Loin d’être un fourre-tout musical, Nouveau Monde semble rendre hommage au côté esprit libre digne des albums tels que Check Your Head des Beastie Boys ou Mellow Gold de Beck, deux disques emblématiques qui auront marqué Jonathan Personne. Ce n’est donc pas un hasard si l’on passe des influences yacht rock/sunshine pop sur « Les jours heureux » à des moments plus indie folk slacker avec la sublime comptine qu’est « Zoé sur la montagne » en passant par des élans shoegaze sur « Nuage noir » et « Vision » presque Slowdive dans l’esprit. Notre protagoniste réussit à maîtriser cette versatilité avec tant de réussite faisant effet sur les allures proto-punk de « Le cerf » contrastant avec la conclusion plus douce-amère te lancinante du nom de « Les arbres montent ».
Qu’elle soit solaire ou embrumée, il y a quelque chose de profond aussi bien dans les mélodies que les textes introspectifs et cycliques de Jonathan Personne qui feront toute la beauté et la magie de ce Nouveau Monde qui se dégage à chaque écoute.
Note: 8.5/10
