Destroyer – Dan’s Boogie

Il y a trois années de cela, Destroyer avait de nouveau tutoyé les sommets avec Labyrinthitis (chroniqué ici). Dan Bejar était à son paroxysme avec ses influences dignes des années 1970-1980 qui baignaient ses compositions rythmées et fiévreuses. Allons savoir ce qu’il nous a réservé pour ce nouveau tour de manège musical avec Dan’s Boogie.

Et c’est reparti pour un tour avec l’inaugural « The Same Thing as Nothing At All » où on fait de nouveau connaissance avec notre dandy désabusé à la voix si reconnaissable entre mille sois un fond d’arrangements opaques et luxuriants. Dan Bejar muse sur la réflexion sur ces trois décennies de carrière avec également « Hydroplaning Off The Edge On The World » beaucoup plus électrique et exubérant aux synthés cacophoniques qui est né sur des improvisations du bonhomme contrastant avec la ballade country de « The Ignoramus of Love » qui détonnent par cette classe indéniable dont seul Destroyer a le secret.

C’est l’occasion idéale pour notre dandy adoré de dévoiler de nombreuses facettes. On retrouve ainsi Dan Bejar en chanteur lounge sur le morceau-titre quelque peu jazzy avec une classe qui a de quoi rappeler un certain Josh Tillman avant d’enfoncer le clou avec le plus sinistre « Bologna » en compagnie de Fiver contrastant avec les allures rock opéra de « Sun Meet Snow ». Notre protagoniste devient plus sarcastique, plus ironique, plus lucide et plus sage que jamais tout en gravissant de nouveaux échelons avec la pièce maîtresse de huit minutes nommée « Cataract Time » renouant avec les aspects jazzy de Kaputt et comptant un solo de saxophone de haute volée en prime tandis que notre hôte offre sa propre version de l’agéisme avant de se clôturer sur une ballade piano-voix qu’est « Travel Light » pour la moins épurée.

Avec un son plus maximaliste et plus luxuriant que jamais, Dan’s Boogie est un nouveau cru de Destroyer. Il est facile d’imaginer Dan Bejar en un crooner désabusé mais ô combien attachant où il réussit à mettre un peu de tendresse dans son environnement qu’il estime bien brut.

Note: 8.5/10