Lucy Dacus – Forever Is A Feeling

Depuis la parution de son dernier album Home Video en 2021 (chroniqué ici), Lucy Dacus est sur tous les fronts. Tout semble réussir pour l’autrice-compositrice-interprète de Virginie qui est toujours sur la pente ascendante et va atteindre de nouveaux sommets avec boygenius (chroniqué ici et ici), en compagnie de Phoebe Bridgers et de Julien Baker, qui leur a valu quelques GRAMMYs et quelques collaborations marquantes, dont le premier album de jasmine.4.t sorti récemment. Il était temps pour elle de faire son grand retour en solo et voici venir son quatrième album du nom de Forever Is A Feeling.

Alors, instant potin (je sais que de base, on s’en branle mais c’est important de le savoir pour le coup): savez-vous que Lucy Dacus est désormais en couple avec Julien Baker ? La news a éclaté quelques jours plus tôt et du coup, ça a fait la une un peu partout. Et justement Forever Is A Feeling est l’occasion pour la native de Virginie d’afficher sa facette la plus romantique dès le départ avec les arrangements de cordes frémissantes de « Calliope Prelude » avant de laisser place aux ballades délicates que sont « Big Deal » (« Flicking embers into daffodils, you didn’t plan to tell me how you feel/You laugh about it like it’s no big deal, crush the fire underneath your heel », chante-t-elle) et « Ankles » pour la moins lancinante (« How lucky are we to have so much to lose », chante-t-elle).

Une fois n’est pas coutume, Lucy Dacus reste toujours une très bonne parolière, c’est un fait. Le hic, c’est que cette trame narrative reste unidimensionnelle et bien trop personnelle se concentrant un peu trop sur sa relation avec Julien Baker notamment lors des écoutes de « For Keeps » sonnant un peu trop boygenius dans l’âme contrastant avec le grungy « Talk » aux arrangements pour les moins réussis. Pour le reste, on retrouve des compositions plus aseptisées et plus léchées à l’image de « Modigliani » avec ce violoncelle hypnotisant et comptant également les chœurs de Phoebe Bridgers ou bien encore de « Bullseye » où elle convie Hozier le temps d’un duo honorable et de « Best Guess » entre autres et qui sont loin des moments plus inventifs de ses œuvres précédentes.

Entre le clin d’oeil musical à Aimee Mann sur « Most Wanted Man » et la conclusion douce-amère du nom de « Lost Time » où on retrouve une Lucy Dacus introspective, ce Forever Is A Feeling est malheureusement à mille lieues de ses prédécesseurs. Les compositions sont soignées mais trop conventionnelles (voire même trop boygenius par moments) et les textes sont toujours bien écrites mais il manque un petit plus qui lui a permis de s’élever de la masse jusqu’ici.

Note: 7/10