The Ophelias – Spring Grove

En 2021, The Ophelias avait mis le monde d’accord avec leur précédent album nommé Crocus (chroniqué ici). Le quatuor venu d’Ohio mené par la talentueuse Spencer Puppet continuait de monter en grade avec leur indie pop à la fois lumineuse et émouvante leur permettant de gravir de nouveaux échelons. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour la formation de frapper de nouveau fort avec Spring Grove.

Pour cette nouvelle aventure musicale mise en boîte par Julien Baker (qui avait d’ailleurs participé à l’album précédent), The Ophelias décide de raconter cette longue absence en musique. Sur Spring Grove, il est question de deuil relationnel et de souvenirs douloureux que Spencer Puppet essaie d’exorciser. On en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « Open Sky » au crescendo impressionnant avant de prendre son envol à travers des compositions à la fois organiques et atmosphériques que sont « Cumulonimbus » et « Vulture Tree » où les arrangements dont le violon de Andrea Gutmann Fuentes mènent la danse comme jamais.

On imagine aisément Spencer Puppet regarder vers son passé et avoir un regard à la fois désabusé et glacial. Avec ses talents d’écriture et de compositrice hors pair (sans oublier la patte de Julien Baker qui évite de trop sonner boygenius pour le coup), elle ainsi que ses acolytes nous entraînent dans un périple musical absolument intense avec l’électrique « Salome » contrastant avec les bases folk de « Parade » avant de s’aventurer vers des moments impressionnants que sont le spectral « Forcefed » et « Crow » à l’énergie presque surnaturelle.

En faisant un état de ses relations du passé, la musicienne cicatrise ses maux de la façon la plus glorieuse qui soit avec le breakbeat ensorcelant de « Say To You » et de la ballade déchirante de fin qu’est « Shapes », The Ophelias livre un disque absolument dense et thérapeutique que l’on repassera en boucle en ce printemps à coup sûr.

Note: 8.5/10