
Une chose est sûre, c’est que DJ Koze a mis tout le monde d’accord avec son précédent album nommé Knock Knock (chroniqué ici). Le producteur allemand a atteint de nouveaux sommets avec ce disque capturant sa sensibilité pop aux productions house absolument irrésistibles. Suite à cela, le bonhomme était sur tous les fronts (Róisín Murphy, Herbert, Caribou…) et sa réputation reste toujours aussi indéniable. Et c’est en sens qu’il était attendu au tournant avec son successeur du nom de Music Can Hear Us après presque sept années de silence discographique.
Le premier morceau de Music Can Hear Us se nomme « The Universe In A Nutshell » et on est transporté de nouveau par ces arrangements cristallins et cette ambiance à la fois solennelle et spatiale qui nous enivrera comme personne. Il est suivi de très près par les accents Afrobeat de l’ensorcelant et spleenesque « Pure Love » en compagnie de la voix légèrement autotunée de Damon Albarn, à mi-chemin entre Poté et Tony Allen, ainsi que d’autres compositions à la fois minimalistes mais contemplatives comme le presque pastoral « Der Fall » en compagnie de Sophia Kennedy (que l’on retrouvera également sur l’hypnotique « Die Gondel ») et « Wie schön du bist » conviant Arnim Teutoberg-Weiss et The Düsseldorf Düsterboys. Ce périple que nous offre DJ Koze vers l’au-delà a de quoi remplir ses promesses et ce n’est que le début.
Les grooves minimalistes dominent tout au long de ce Music Can Hear Us tout comme les influences diverses et variées (afrobeat, house, downtempo, tribal…) et cette ambiance paisible et faussement enfantine. DJ Koze tutoie les étoiles avec d’autres perles que sont les airs boléro de « Tu Dime Cuando » en compagnie de la talentueuse Sofia Kourtesis et d’Ada (qui récidive sur l’étonnant « Unbelievable ») ou encore de la ritournelle aux rythmiques trap qu’est « What About Us » conviant Markus Acker de The Notwist sans oublier Soap&Skin qui tire son épingle du jeu sur des moments à la fois éthérés et solennels que sont « A Dónde Vas » et « Vamos A La Playa ». Mais au fur et à mesure que l’on avance dans ce Music Can Hear Us, les rythmiques s’emballent petit à petit tandis que l’on continue de voyager de péninsules en péninsules avec les breakbeats lancinants de « Bruschcutter » de Marley Waters ou encore avec l’endiablé « Buschtaxi » rappelant les ambiances de « Pick Up » de son précédent album et « Aruna ».
Après un dernier arrêt vers le Japon avec la conclusion voluptueuse du nom de « Umaoi » en compagnie du groupe Marewrew, Music Can Hear Us est un incroyable manifesto musical de DJ Koze. Moins orienté dancefloor et plus spirituel dans l’âme, ce nouveau disque réussira à nous emmener vers le cosmos comme il se doit loin du chaos et de l’ambiance anxiogène du quotidien pour mieux nous réconforter.
Note: 10/10
