
On avait laissé Beirut en pleine forme avec leur dernier album mémorable du nom de Hadsel il y a plus d’un an et demi de cela maintenant (chroniqué ici). Le légendaire projet mené par Zach Condon avait de nouveau marqué les esprits avec ce disque à la fois dépaysant et envoûtant qui capture toute la magie qui a fait leur renommée. En ce printemps, il signe un retour ambitieux qui se nomme A Study Of Losses.
Conçu initialement pour être l’adaptation musicale du roman de l’allemande Judith Schalansky dans un spectacle de cirque suédois Kompani Giraff, le nouvel album de Beirut s’avère être un périple musical pour le moins audacieux. Zach Condon, par sa voix pleine de spleen et d’émotions, viendra ajouter une dose symphonique à travers ces dix-huit compositions cristallines et enchanteresses, comme l’atteste des morceaux langoureux tels que « Forest Encyclopedia » ou encore la valse de « Villa Sacchetti » rappelant le Beirut des débuts et « Garbo’s Face » qui n’auront pas fini de nous transporter au lointain.
Entrecoupé d’intermèdes instrumentales à mi-chemin entre musique classique et indie folk baroque (« Disappearances and Losses », « Oceanus Procellarum », « Mare Crisium »…), on peut facilement considérer A Study Of Losses comme un disque contemplatif où il est question de deuil et de perte dû au processus de vieillissement tout en voyant autour de nous l’extinction de l’espèce animale et d’autres trésors architecturaux. Beirut continue de nous enivrer comme jamais avec d’autres perles resplendissantes telles que « Tuanaki Atoll » ou bien encore les accents 80’s du doux-amer et accrocheur « Guericke’s Unicorn » et le gentiment synthétique « Ghost Train » qui nous feront frissonner comme personne avec cette ambiance digne de Tangerine Dream.
Il ne manquera plus que d’autres compositions bouleversantes telles que « Caspian Tiger » ainsi que les frissonnants « Mare Nectaris » et « Mare Tranquillitatis » en guise de conclusion pour que la magie d’A Study Of Losses puisse se dévoile à nous entièrement. Et c’est là que l’on retrouve une fois de plus le talent incommensurable de Beirut de transmettre de nombreuses émotions en convoquant de nombreuses influences allant de la musique chorale à la musique de renaissance. Un travail d’orfèvre comme on en fait plus.
Note: 8/10
