
En 2021, The Convenience avait fait une entrée pour la moins remarquable sur la scène indie américaine avec un premier album du nom de Accelerator qui n’a malheureusement jamais été chroniqué dans nos colonnes. Toujours est-il que le duo de La Nouvelle-Orléans composé de Nick Corson et de Ducnan Troast s’était démarqué de la concurrence avec leur musique groovy et infectieuse qui leur a permis de se faire une place confortable. Trois années et demi se sont écoulées et l’heure est venue pour eux de frapper de nouveau fort avec Like Cartoon Vampires.
Comme il fallait s’y attendre, The Convenience ira effectuer un virage à 180 degrés pour cette nouvelle aventure musicale. S’éloignant des influences pop-funk sucrées pour aller puiser vers des contrées plus post-punk, comme l’atteste le morceau d’ouverture catchy et mélodique nommé « I Got Exactly What I Wanted » afin de mettre les points sur les i ayant de quoi rappeler du Lou Reed dans le phrasé de Nick Corson. Marchant sur les pas de Wire ou encore de Spoon à travers des moments aiguisés et percutants tels que « Target Offer » et « Dub Vultures », le duo de La Nouvelle-Orléans semble plus inspiré et plus revigoré que jamais pour notre plus grand bonheur tout en mettant en avant les ravages du capitalisme dans notre quotidien.
Like Cartoon Vampires étonne par cette énergie qui prime abord de bout en bout. On en veut pour preuve des titres efficaces et ô combien inspirés comme le trippy « Pray’r » suivi du sombre « Opportunity » incroyablement perçant et de « That’s Why I Never Became A Dancer » aux fortes basses mais teintés d’ironie. Une chose est sûre, c’est que The Convenience fait preuve d’une incroyable inventivité, notamment sur les allures faussement reggae de « Café Style 4 » avec son melodica ensorcelant et ses influences dignes de The Clash ou d’autres plus proto-punk comme l’intrigant « Western Pepsi Cola Town ».
Et le duo peut aussi briller en allant vers des contrées plus inquiétantes et solennelles comme sur le spoken-word inquiétant de « Rats » ou de l’ambitieuse conclusion de 10 minutes faussemnet hirsute et sinueuse nommée « Fake The Feeling » où ils viendront arpenter les chemins dignes de Sonic Youth. Une autre preuve que The Convenience réussit à se réinventer avec beaucoup de réussite avec ce Like Cartoon Vampires plein de surprises.
Note: 8/10
