
Il y a deux années de cela, Samia avait confirmé sur la scène indie américaine avec son second album nommé Honey (chroniqué ici). La musicienne new-yorkaise n’a encore une fois laissé personne indifférent avec son songwriting bouleversant et introspectif qui continue de nous faire frémir avec l’arrivée de son successeur qui s’intitule Bloodless.
Après une courte introduction, Samia nous accueille dans son jardin secret parsemé d’embûches et de questions existentielles qui la rongent depuis peu. Elle aborde ce thème de se sentir bien dans la vingtaine en cette décennie bien chaotique et anxiogène à travers des compositions beaucoup plus épurées et intimistes qu’auparavant telles que « Bovine Excision » (« I wanna be untouchable, I wanna be impossible », chante-t-elle) avant de poursuivre cette introspection bien viscérale à travers d’autres moments délicats comme les sonorités plus soft-rock de « Hole In A Frame », « Dare » et de « Sacred » où elle réussit à mettre les mots justes sur son rapport aux plaisirs charnels.
On pourra également succomber aux arrangements de haute volée qui subliment son storytelling plein d’émotions, notamment lors des écoutes des allures pastel de « Lizard » contrastant aux influences Americana de « Fair Game » et de « Spine Oil ». Samia continue de mettre en avant ses peurs, ses angoisses du quotidien et ses imperfections afin de briller de mille feux avec également le puissant et cathartique « Carousel » toutes guitares dehors et contrastant avec le plus tendre « Proof » (et ses « You don’t know me bitch » qui rentrent dans la tête aisément).
Au fur et à mesure de Bloodless, on voit ainsi la musicienne avancer vers la lumière avec le chaleureux « North Poles » très heartland rock dans l’âme ainsi qu’avec le final à la fois cinématographique et onirique « Pants » où elle se questionne à nouveau sur sa raison d’être avec tant de grâce (« Who was I when I bought these pants? They’re non refundable / Now I’m questioning everything I am », avant de revenir sur une évidence poignante qu’est « Maybe you start living the moment you stop feeling so dumb »). Et c’est ce qui fera de Samia une musicienne qui continue de monter en puissance avec son songwriting à la fois viscéral et élégant qui nous interpellera à coup sûr.
Note: 8/10
