
Avec toutes mes excuses, aucun disque de GoGo Penguin ne fut chroniqué dans nos colonnes. Tout simplement parce que j’étais toujours sursollicité par ces demandes incessantes de partout (et des demandes qui sont traitées et qui ne sont jamais relayées, mais bon je ne vais pas polémiquer de nouveau). Mais j’ai promis de me rattraper pour l’arrivée de cette nouvelle galette nommée Necessary Fictions qui viendra de nouveau mettre le trio de nu-jazz au premier plan.
Faisant suite à leur prédécent album nommé Everything Is Going To Be OK paru deux années plus tôt, GoGo Penguin viendra de nouveau donner ses lettres de noblesse au jazz hybride. Voyant au-delà de la formule piano/basse/batterie, le trio britannique qui a subi un changement de line-up compte renouer avec les fondamentaux où cette fusion entre nu-jazz, electronica et abstract hip-hop fait effet dès le départ avec « Umbra » et « Fallowfield Loops » qui sauront nous ensorceler comme auparavant. On se dit que Necessary Fictions allait être une aventure hors du commun.
Intégrant pour la première fois une basse électrique et les synthés modulaires dans leur musique aventureuse, GoGo Penguin continue de briser les barrières en offrant des morceaux beaucoup plus cinématographiques que jamais. On en veut pour preuve des titres ensorcelants tels que « What We Are and What We Are Meant To Be » et « The Turn Within » en ligne de mire où les breakbeats s’acoquinent à merveille aux mélodies minimalistes truffées de nostalgie. Bien entendu, sa liste de guests ne fait pas exception avec entre autres l’auteur-compositeur-interprète britanno-ougandais Daudi Matsiko sur « Forgive The Damages » ou bien encore la violoniste indienne Rakhi Singh accompagnée du Manchester Orchestra imposant sa patte sur les sublimes et fantasques « Luminous Giants » ainsi que « State Of Flux ».
Ajoutez ceci à des moments d’anthologie tels que « Naga Ghost » et « Silence Speaks » et vous obtiendrez un Necessary Fictions riche en sensations fortes. GoGo Penguin ira privilégier une musique à la fois sensuelle et introspective où l’abstrait côtoie la sincérité pour en faire une œuvre nu-jazz exceptionnelle.
Note: 8/10
