BIG SPECIAL – NATIONAL AVERAGE.

Souvenez-vous lorsque BIG SPECIAL avait fait une entrée remarquable avec leur premier album nommé POSTINDUSTRIAL HOMETOWN BLUES paru l’an dernier. Le groupe est sorti de la norme avec son style à la fois musclé et grinçant qui leur a valu une consécration monstre sur le paysage musical britannique. Alors que l’on pensait qu’ils comptaient se reposer sur ses lauriers, SURPRISE MOTHERFUCKERS ! Ils sont repartis pour un tour avec leur second album qui se nomme NATIONAL AVERAGE.

Fort heureusement, BIG SPECIAL maintient le cap à travers ce nouvel album surprise. Et on en veut pour preuve le morceau d’ouverture brut de décoffrage nommé « THE MESS. » presque bluesy et tribal dans l’âme où le groupe amorce des chemins plus lancinants et oppressants avant d’enfoncer le cap avec le groove onctueux de « GOD SAVE THE PONY. » à mi-chemin entre Franz Ferdinand et Talking Heads ou encore des allures trip-hop du ténébreux « HUG A BASTARD. » allant crescendo pour mieux nous faire frissonner. Ajoutez cela à un spoken-word grinçant aux relents tantôt dub tantôt funky et le tour est joué.

NATIONAL AVERAGE. poursuit dans cette voie avec entre autres des morceaux à la fois percutants et bon enfant tels que « SHOP MUSIC. » sans oublier « PIGS PUDDIN. » et « PROFESSIONNALS. ». L’humour noir répond parfaitement aux titres survoltés où les riffs saturés et la section rythmique endiablée mènent la danse à travers ces hymnes taillés pour le live afin de mener une tension permanente avec « GET BACK SAFE. » et « YESBOSS. ». On retrouve donc tout le sel de BIG SPECIAL dont on aurait aimé une écriture beaucoup plus peaufinée et moins dans la hâte mais le groupe se rattrapera à travers des derniers titres beaucoup plus solennels et riches en élégance, à savoir « DOMESTIC BLISS. » notable par sa vulnérabilité exprimée sur ce spoken-word beaucoup plus désabusé avant de s’enfoncer vers des terrains beaucoup plus ténébreux avec les apocalyptiques « JUDAS SONG. » et « THE BEAST. » presque prog dans l’âme. De quoi nous étonner une fois de plus avec ces ascensions dignes du prince des ténèbres, à savoir Nick Cave, au milieu de ses textures à la fois oniriques et industrielles.

Il ne manquera plus qu’un duo au sommet avec Rachel Goswell, que l’on ne présente plus, le temps d’un « THIN HORSES. » très bluesy dans l’âme où la vulnérabilité est mise en avant. Tout ceci prouve que BIG SPECIAL continue de battre le fer tant qu’il est encore chaud à travers ce NATIONAL AVERAGE. qui est notable pour son énergie, même si on préfère largement POSTINDUSTRIAL HOMETOWN BLUES qui fut mémorable pour cet aspect millimétré, précis et brut de décoffrage. Toujours est-il que le groupe britannique cogne toujours autant juste et brille par cette originalité hors normes.

Note: 7.5/10