
Avec toutes mes excuses, j’ai failli passer à côté de Coral Grief il y a plusieurs années de cela. Mais toujours est-il que le trio de Seattle avait attiré toute mon attention avec leurs deux premiers EPs dont le dernier nommé Daydrops date de 2023. Suite à cela, le groupe de dream-pop a suscité l’attention du label Suicide Squeeze, étonnamment car je les aurais plus vu chez Hardly Art ou chez Bayonet Records, et viendra prendre son élan avec leur premier long-format nommé Air Between Us.
Dès les premières notes de « Starboard », nous sommes transportés vers des contrées oniriques que nous offre Coral Grief. Lena Farr-Morrissey (chant, basse), Sam Fason (guitare) et Cam Hancock (batterie) étonneront par leur alchimie indéniable et cette capacité de faire voyager son auditoire à travers des influences à mi-chemin entre dream-pop, jangle-pop et college rock qui feront des merveilles avec de magnifiques titres renversants comme « Rockhounds » sans oublier « Latitude » et « Avenue You ». Les textures musicales sont à la fois solaires et dépaysantes tandis que le trio nous emmène dans leur Seattle natal qu’iels n’arrivent plus à reconnaître chaque jour qui passe.
Bien entendu, on retrouve des traces de C86 mais également de Broadcast et de Stereolab avec une pincée de Beach Fossils tout au long d’Air Between Us mais Coral Grief viendra sortir de la norme par leur originalité hors normes. Onirique et océanique de bout en bout avec « The Landfall » mais également avec « Paint By Number » et « Mutual Wish », le trio de Seattle ira contempler les anciens lieux qui leur sont chers sans jamais tomber dans le pathos et le larmoyant. Mais toujours est-il que l’on n’en ressort pas indemne de ce périple à la fois nostalgique, éthéré et sentimental avec de magnifiques trouvailles que sont « Outback » et « Almost Everyday » en guise de conclusion cristalline comme on en fait plus. Tous les ingrédients sont réunis pour que Coral Grief signe un des plus beaux albums de dream-pop, voire même le meilleur album de dream-pop de cette année. Et je pèse mes mots.
Note: 10/10
