Indigo de Souza – Precipice

C’est en maintenant son rythme d’un album tous ls deux ans qu’Indigo de Souza réussit à se faire un nom sur l’indiesphère américaine. On l’avait laissé en pleine forme avec son précédent album nommé All Of This Will End (chroniqué ici) où elle a réussi à poser ses fardeaux de la manière la plus gracieuse qui soit. Allons savoir ce qu’elle nous a réservé pour son successeur intitulé Precipice, produit par Elliott Kozel (SZA, Finneas…).

N’y allons pas par quatre chemins: Indigo de Souza ira clairement assumer son virage pop qu’elle avait amorcé sur son précédent album. On en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « Be My Love » où les synthés pailletés mènent la danse tandis que l’artiste d’Asheville endosse parfaitement cette nouvelle stature, plus romantique et plus assumée que jamais. Precipice poursuit dans cette voie avec des moments beaucoup plus exaltés tels que le solaire et rythmé « Crying Over Nothing » ou encore le mid-tempo groovy de « Crush » nous donnant envie de sortir nos rollers prouvant qu’elle n’a pas peur de sortir de sa zone de confort, hormis l’électrique et cathartique « Heartthrob » faisant écho à ses œuvres précédentes.

Precipice ira aborder une dualité qu’Indigo de Souza a pu apercevoir ces derniers temps. Elle viendra aussi bien montrer les aspects positifs du changement que le désastre naturel qui aura frappé sa ville natale l’année dernière ainsi que l’impact qui a engendré à travers des manifestes pleins d’intensité comme « Not Afraid » montrant sa résilience presque redoutable (“I am not afraid of dying anymore/I am not afraid of living either”, chante-t-elle) ou encore « Be Like The Water ». Cette catastrophe naturelle lui permet d’ouvrir son troisième œil en affichant cette résilience lui permettant de naviguer vers de nouveaux horizons notamment lors des écoutes de la magnifique ballade au piano nommée « Dinner » ou encore « Clean It Up » qui sonne trop Phoebe Bridgers pour être honnête. Tout comme on a l’impression qu’elle s’est un peu trop inspirée de Mitski sur les allures country de « Heartbreaker » d’ailleurs.

Hormis un « Pack It By » bien trop 80’s manquant de relief, le quatrième album d’Indigo de Souza s’achève sur le morceau-titre bien palpitant à la beauté démantelée, suspendue dans le vide. Il faudra ainsi voir ce Precipice comme un disque profondément humain où les aveus intimistes se confondent aisément avec le déversoir post-COVID afin de pouvoir puiser de la beauté vers le lointain les yeux fermés et le cœur serré.

Note: 7.5/10