Editrix – The Big E

La dernière fois que nous avions eu des nouvelles d’Editrix, il fallait remonter à l’année 2022 avec leur précédent album nommé Editrix Goes To Hell (chroniqué ici) qui était un sacré cru entre post-hardcore, math, art-punk et noise-rock. Le trio mené par la talentueuse Wendy Eisenberg n’aura pas fini de nous en mettre plein les oreilles comme l’atteste son successeur tant attendu du nom de The Big E.

Une fois n’est pas coutume, Editrix sort l’artillerie lourde et ce dès le départ avec le morceau-titre introductif presque motorik dans l’âme. Leur fusion musicale continue de faire effet entre la section rythmique toujours aussi acrobatique et survoltée de la part du tandem Steve Cameron (basse) et Josh Daniel (batterie) ainsi que les prouesses guitaristiques de la leader Wendy Eisenberg aux fortes intonations dignes de Laetitia Sadier notamment lors des écoutes de « The Queen » et du polyrythmique « What’s Wrong ». Il n’y a pas à dire, cela déménage toujours autant.

The Big E ira puiser son inspiration auprès de King Crimson et de Horse Lords mais également auprès de la scène scuzz et noise, Editrix détonne une fois de plus par cette spontanéité et cette tension créative qui seront les ADN principaux du trio. Que ce soit sur les hymnes à la fois fracassants et cérébraux tels que « The Jackhammer » faisant référence au conflit israélo-palestinien qui prend une tournure tragique mais également « No » et « Something Sweet » aux constructions musicales assez dantesques, le trio d’Easthampton n’est jamais avare en idées et saura jouer avec nos nerfs jusqu’à la fin avec les incroyables « Flesh Debt » et le crescendo sensationnel de « Slight Return ». Pour ce nouveau disque aussi bien abrasif et cérébral, Editrix redistribue les cartes à travers ces compositions brutes et méditatives à la fois.

Note: 8/10