daoud – ok

Parmi les étoiles montantes en matière de jazz actuel, on pourra citer daoud. Beaucoup d’entre nous avaient découvert le musicien l’année dernière avec un premier album du nom de GOOD BOY l’ayant révélé au grand public. Il est hors de question pour lui de se reposer sur ses lauriers car il signe son retour en cette fin d’été avec son successeur nommé ok.

On retrouve ainsi quatorze nouveaux titres pour les moins personnels et authentiques où daoud décide de s’ouvrir à nous de la plus belle des manières. Le trompettiste, producteur et beatmaker franco-algérien viendra s’interroger sur l’idée d’accepter que rien ne puisse être changé à travers ces titres absolument riches en sonorités en tous genres comme « dijon » qui ouvre le bal avant de prendre de la hauteur avec les immersifs « plato’s twin » et « l’œil de jules » entre autres.

Brouillant les pistes entre jazz, hip-hop, drum’n’bass, afrobeat et disco, daoud se livre à nous en explorant l’échec, la répétition, la perte tout en rappelant ce besoin non nécessaire que tout va bien. En ajoutant une patte personnelle en racontant son parcours, de l’errance entre l’Europe et les États-Unis où il a enchaîné bullshit jobs sur bullshit jobs, s’est livré de passion pour le foot et la boxe par intermittence tout en explorant cette toile de fond: le monde extérieur traverse une crise existentielle, donc ce n’est pas ok. Et c’est avec d’autres trouvailles à l’image de « ame » ou bien également de « everything but sex » et de « plagiat » que l’on réussit à plonger dans cette satire sincère.

Il pourra également compter sur son carnet d’adresses prestigieux comme Mehdi Nassouli sur « la fièvre » ou bien encore Teis Semey sur « 3114 » et Kuba Więcek sur « le bâtard » entre autres. L’alchimie entre les guests comme Julien Fillion sur « soda » sans oublier Ludivine Issambourg sur « l.p.a.m. » ou bien Rosie Frater-Taylor le temps d’un « ck » brillant et daoud fait mouche et appuie parfaitement ce storytelling d’une forte complexité émotionnelle. Il en résulte une œuvre réfléchie, à la fois excentrique et rigoureuse, inattendue et prévisible où le musicien tire son épingle du jeu tout en jetant un regard tragi-comique sur notre époque anxiogène.

Note: 7.5/10