Nation Of Language – Dance Called Memory

L’automne pointe le bout de son nez tout comme Nation Of Language. Le trio venu de Brooklyn n’avait pas donné signe de vie depuis leur précédent album nommé Strange Disciple il y a deux années de cela (chroniqué ici) qui leur permet de confirmer un peu plus sur la scène indietronica. Mais quelque chose nous indique qu’ils iront encore plus loin avec leur successeur tant attendu du nom de Dance Called Memory, prouvant qu’ils continuent de battre le fer tant qu’il est encore chaud.

Quelque chose nous indique que Nation of Language ira emprunter un virage musical tout au long de ces dix nouveaux titres. Le trio de Brooklyn, qui a signé chez le prestigieux label Sub Pop, dévoile sa facette la plus nostalgique dès le départ avec « Can’t Face Another One » mettant en valeur une interprétation beaucoup plus fragile de Ian Richard Devaney. On les imagine en train de lamenter sur le sort de la race humaine aliénée par la fascination de l’intelligence artificielle avec des titres synthpop plus doux-amers que jamais tels que « In Another Life » presque kraftwerkien dans l’âme ou encore le plus maussade « Silhouette » et le résultat fait mouche.

Dance Called Memory donne l’occasion à Nation of Language d’amorcer des horizons un brin méditatifs comme « Under The Water » rappelant quelque peu du Joy Division dans l’esprit. On en veut pour preuve le déchirant hommage au grand-père de Ian Richard Devaney sur « Now That You’re Gone » ou sur les influences shoegaze de « I’m Not Ready For That Change » qui est une triste ode aux amitiés qui se séparent du jour au lendemain et le sinueux « Can You Reach Me ? » montrant une nouvelle facette du trio qui nous fera frémir comme jamais.

Faisant toujours preuve d’inventivité sur les secousses synthétiques de « Inept Apollo » ou du final presque acoustique nommé « Nights Of Weight » où ils se débarrassent de leurs pensées intrusives qui génèrent de l’anxiété, ce nouvel album de Nation of Language apportera du baume au cœur à travers cette esthétique nostalgique et douce-amère qui fait mouche.

Note: 8/10