
Lorsque Daniel Avery fait son retour, cela reste toujours un événement. Il faut dire que cela fait tout de même trois ans que nous étions sans nouvelles de sa part depuis son Ultra Truth des plus fédérateurs et qui lui a valu des collaborations remarquables par la suite. L’heure est venue pour le producteur britannique de frapper de nouveau fort avec son successeur tant attendu du nom de Tremor.
Et pour cette nouvelle aventure musicale, Daniel Avery ira surprendre son auditoire en élargissant ses horizons musicaux. La techno cérébrale et immersive des débuts prendra un virage pour le moins surprenant en allant vers des contrées aussi bien goth que shoegaze avec en plus un carnet d’adresses des plus prestigieux, sans oublier l’apport d’Alan Moulder et de David Wrench derrière les manettes. Il décide de voir les choses en grand et ce dès le départ avec « Neon Pulse » qui nous entraîne dans une atmosphère suspendue et qui est suivie de très près par les guitares lumineuses de « Rapture In Blue » en compagnie de Cecile Believe. Mais très vite, l’atmosphère se plus lourde, oppressante voire même industrielle avec « Haze » conviant Ellie ou bien bdrmm qui vient lui prêter main forte sur l’abrasif « A Silent Shadow » à mi-chemin entre shoegaze et trip-hop.
Et même si Daniel Avery voit large au niveau de ses influences musicales, il n’a rien perdu de son aspect labyrinthique et cérébral notamment lors des écoutes des instrumentaux que sont « Until The Moon Starts Shaking » et « A Memory Wrapped In Paper and Smoke » défiant la loi de l’apesanteur et de la gravité. Toujours est-il que Tremor enfonce le clou avec cette ambiance plus ténébreuse et cathartique avec également Yeule qui tire son épingle du jeu sur le désespéré « Disturb Me » ou encore Alison Mosshart que je ne présente plus qui survole avec classe l’hypnotique « Greasy off the Racing Line ». A côté de cela, de rares moments d’accalmie pointent le bout de son nez avec notamment « The Ghost Of Her Smile » en compagnie de Julie Dawson sans oublier « I Feel You » conviant Art School Girlfriend en guise de conclusion atmosphérique.
Et c’est en ce sens que Tremor saura jouer entre l’ombre et la lumière avec beaucoup de finesse même si le virage amorcé de Daniel Avery est bien trop radical pour être honnête. En marchant sur les pas des groupes optant pour l’aspect nihiliste et oppressif comme Gilla Band ou YARD, le producteur ira aseptiser sa démarche en combinant les riffs saturés et les influences ambient pour mieux nous transporter et avec plus ou moins de réussite.
Note: 7.5/10
