Dry Cleaning – Secret Love

En l’espace de deux albums, Dry Cleaning a su marquer cette décennie bien chaotique. La formation menée par la voix flegmatique de Florence Shaw n’avait pas donné signe de vie depuis leur Stumpwork pour le moins emblématique il y a trois années et demi de cela leur permettant de tutoyer de nouveaux sommets. Et en ce tout début d’année, quoi de mieux que de frapper fort avec l’arrivée de leur troisième disque qui s’intitule Secret Love.

Pour ce nouveau chapitre musical, Dry Cleaning viendra enfoncer le clou de ce mélange entre post-punk rafraîchissant et art-punk labyrinthique à travers ces onze nouvelles compositions pour les moins frontales. Le quatuor britannique a décidé de se payer les services de la toujours plébiscitée Cate Le Bon pour la production afin d’élargir leurs horizons musicaux. Le résultat est sans équivoque car Florence Shaw et ses compères comptent nous surprendre dès le départ avec « Hit My Head All Day » au groove nonchalant et langoureux où la production ouatée et enveloppante de la galloise ira côtoyer des éléments presque no wave tout comme sur les plus incisifs « Cruise Ship Designer » et « My Soul/Half Pint » qui suivent. Et autant vous dire que Secret Love saura nous surprendre une fois de plus.

Dry Cleaning saura souffler le chaud et le froid en alternant tensions noisy et bouffée d’air onirique tandis que Florence Shaw ira voir au-delà de son spoken-word glacial et flegmatique en abordant également un chant discret et timide comme le morceau-titre étrangement sensuel mais également le plus chaleureux et lumineux « Let Me Grow and You’ll See The Fruit ». Et même si les horizons sont élargis, le propos ne change pas: on retrouve ainsi des textes placés sous le signe de l’aliénation contemporaine ainsi que des injonctions sociales imposées avec cette absurdité qui leur va comme un gant. C’est au rythme des riffs nerveux qui surviennent sur « Blood » et sur « Evil Evil Idiot » où il est question de surcharge mentale qui est abordée avec cette mysticité que l’on connaît tant tout comme sur des moments plus contemplatifs que sont « The Cute Things » et « I Need You » légèrement électroniques.

Ce Secret Love viendra se clôturer sur un « Joy » pour le moins doux-amer qui permet d’affiner le nouveau style de Dry Cleaning. Plus frontal que jamais, le quatuor britannique viendra sortir des sentiers battus avec cette tension latente à travers cette musique glaciale et instable qui saura nous faire frissonner comme personne.

Note: 8.5/10